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Le chemin de Pourim
par Albert Bensoussan, Nicole Madar et Elie Sarfat
i

Incomprehension
Le grand roi Assuerus essaye de saisir
Mais ne pourra jamais acquerir
Le sens de cette infinie spiritualite
que représente “Esther” son aimée
transparente et florissante
de laquelle jaillit “l’eau” abondante
que’’PERSONNE” ne pourrait arrêter

Son pouvoir matériel est limité
et sera continuellement remplacé
Cette rencontre étrange et historique écrite dans un parchemin antique nous rappelle l’imminent danger qui peut toujours se reveler

Le chemin est tracé vers l’avenir
La Meguila est le souvenir

SAREL

Le chemin de Pourim Sur un tableau de SAREL (Élie Sarfati)

Pourim est une fête importante, voire capitale, pour le judaïsme. Elle est mémoire de génocide et commémoration de notre salut par l’intervention divine. Mais rappelons ce qu’est cette fête marquée par le jeûne et la lecture de la meguila. Le récit rapporte un épisode de l’histoire du peuple hébreu dans son exil babylonien. Le roi Ah’ashverosh, dont l’empire immense va de l’Inde (Hodou) à l’Ethiopie (Koush), donne un banquet pour manifester sa grandeur, mais la reine Vashti refuse de paraître ; il la répudie et fait quérir une autre épouse ; et c’est Esther, la nièce de Mordeh’aï, un yehoudi de la ville de Chouchan (Suse), qui est choisie comme nouvelle épouse du monarque. Entre-temps, Mordeh’aï a surpris un complot contre le roi et en prévient la reine Esther, qui déjoue le projet criminel et la chose est consignée dans les annales du Palais. Le vizir Haman, tout gonflé de suffisance, est ulcéré de voir que Mordeh’aï est le seul à ne pas se prosterner devant lui, et il décide d’en finir avec tous ces Juifs qui refusent l’idolâtrie. Il consulte les « sorts » - en hébreu pourim - et jette les dés qui déterminent la date du massacre : le 13 Adar. Mordeh’aï, voyant dans l’édit d’extermination le signe d’une faute collective, se revêt d’un sac, fait pénitence, et le peuple avec lui va jeûner trois jours avant que Esther n’aille demander au Roi l’abolition de l’édit. Le roi Ah’ashverosh, qui a du mal à dormir, se fait lire les annales du Palais, puis il consulte Haman : que faire d’un homme qui vous a sauvé la vie ? Haman qui a cru que le Roi parlait de lui, se retrouve, par suite de ce quiproquo, escorter Mordeh’aï en habits royaux devant la foule. Alors, ruminant sa vengeance, il projette de faire pendre Mordeh’aï, et fait dresser une potence devant le Palais. Mais Esther, au cours du banquet qui suit, révèle au Roi le projet assassin de Haman ; le Roi prend fait et cause pour la reine et son peuple et fait pendre Haman à la potence : le sort s’est donc retourné contre lui. Mordeh’aï est nommé vizir et le peuple juif sur toute l’étendue du royaume est sauvé.

André Chouraqui, qui a magistralement traduit la Meguila, souligne « le caractère naïf d’un récit fait avant tout pour émouvoir » et estime qu’il s’agit là « probablement d’un récit d’imagination, écrit pour expliquer la célébration de la fête des Pourim, qui a dû être à l’origine une sorte de carnaval comme beaucoup de peuples en célèbrent à la fin de l’hiver ». Le fait est que Pourim est bien notre Carnaval, une fête de débridement et de défoulement ; on crie et on danse, on secoue les crécelles, on porte des masques, on rejoue l’histoire et on la met en scène (à la synagogue de Rennes, la marionnette représentant Haman porte la moustache en brosse d’Hitler), les petites filles se déguisent en reine Esther : les rues israéliennes en sont pleines le 14 Adar. La lecture de la Meguila, qu’on doit écouter religieusement, est néanmoins ponctuée de bruits de crécelle aux 54 mentions du nom de Haman. Il est d’usage, enfin, de faire des cadeaux pour Pourim et des dons. Il faut festoyer, boire jusqu’à plus soif, et déguster une pâtisserie de circonstance qu’on appelle « oreilles d’Haman » (Ozné Haman).

Ce qui fonde notre vision mythique et mystique de Pourim c’est justement que c’est une allégorie plus qu’une prière dogmatique, d’où d’ailleurs le nom de la divinité est absent. Alors justement, chacun voit Pourim à sa porte : ainsi, le « Pourim d’Alger », à l’automne, célébrait la défaite de Charles-Quint devant le port d’Alger au XVI° siècle, et mon père en son immense piété a jeûné le 3 Hechvan jusqu’au jour où nous fûmes chassés d’Algérie. Selon la circonstance historique les personnages s’incarnent dans la modernité : l’Allemagne hitlérienne et maintenant l’Iran des mollahs nous proposent un portrait revisité de Haman (descendant d’Amalec, ne l’oublions pas), de celui qui veut nous anéantir, mais qui, avec l’aide de D. et de nos prières, sera lui-même pulvérisé, car s’il est une moralité dans la fête des sorts, c’est qu’en fin de compte le sort se retourne contre le méchant. Pourim a donc pour nous valeur d’espoir. C’est une fête qui nous fait sortir des ténèbres et nous libère de l’angoisse.

Abordons maintenant le magnifique tableau d’Élie Sarfati (SAREL). Mon commentaire recoupe ici celui de Nicole Myriam Madar : Il y a d’abord ce bleu du ciel, où se suspend le rouleau ouvert de la Meguila. On pense à une voile carrée, comme il y en avait dans l’Antiquité méditerranéenne, claquant au vent. Mais cette voile/rouleau est zébrée par une effiloche de nuage, qui semble effacer quelque chose, ou interrompre la lecture. Commentaire de Myriam : c'est le doigt de D., pour dire que ce qui semble à première vue une conséquence de l'histoire, un enchaînement d'événements fortuits, n'est en fait qu'un moyen choisi par D. pour déployer son oeuvre de bien. J’ajoute qu’ici l’interprétation est ouverte : ou bien cela signifie que le salut des Juifs est constamment remis en cause par la menace génocidaire, ou bien cela figure l’effacement des ennemis, oui, ils seront effacés et détruits ceux qui voulaient nous détruire.
La partie basse et terrestre est divisée en deux : à gauche, qui est le côté néfaste, l’armée perse en rangs de bataille (est-ce celle de Xerxès qui périra face aux Grecs à la célèbre bataille de Salamine ? On dit qu’Ah’ashverosh, n’est autre que Xerxès) ; à droite le désert de Judée avec ses teintes pastel. À gauche, une troupe agressive, dressant ses lances, menaçante sous ses casques, à droite la langueur d’un paysage salvateur, celui où le peuple hébreu fut sauvé, le chemin de la Terre Promise. Et entre les deux coule une rivière. Mais elle coule sous le couple, et plus précisément sous la femme que tente de tenir le roi qui abaisse son sceptre (« Le roi tend à Èstér le sceptre d’or qui est dans sa main »). Oui, c’est Ah’ashverosh, le front incliné, et c’est Esther, bien qu’on ne la voie pas : visage voilé, évanescent, mystérieux ; il est vrai que Esther vient de la racine hébraïque seter () qui signifie mystère, le verbe sater signifiant cacher soigneusement, et haster, dissimuler ; ce ne peut être plus clair. Invisible présence de notre D. caché.
Le chemin tracé à droite sur le sable du désert indique que le peuple juif continue son histoire, lentement (deux millénaires et demi après le temps du récit) et tortueusement, et qu’il survit à la force et à la matérialité, qu’il échappe à tous ceux qui veulent le détruire. Le chemin est fin car nous ne sommes pas nombreux, nous ne sommes pas forts, nous traçons notre route dans la spiritualité et l’espérance vers notre D., représenté aussi par les montagnes – puisque c’est sur le mont que D. a donné la Torah, et d’ailleurs la Meguila est au-dessus des crêtes pour symboliser la spiritualité, et, tout en haut, la Loi. Alors qu’en face, masse et puissance, les armées du Roi se figent dans la pierre pour finir en poussière.
Le tableau de SAREL représente, en fait, deux mondes qui s’opposent et se confrontent : le matériel et le spirituel. Le matériel tente toujours de saisir et de posséder, ou de détruire, nos corps. Mais il ne peut y parvenir, car notre vie « matérielle » n'a pas d'existence réelle, nous ne sommes que les porteurs d'un message qui nous dépasse et nous transcende. C'est toute notre culture qui est derrière ce tableau. Nous ne sommes rien, rien qu'un souffle, qu'un petit trait dans l'histoire, un rai sinueux sur le sable. Mais l'histoire de l'humanité s'écrit sur notre histoire... Nous avons transmis la loi, la morale, entrepris la civilisation avec ses règles éthiques, éduqué des hommes et enseigné au monde comment il faut se conduire avec son prochain, avec la nature, avec D. enfin... Et pourtant nous ne sommes rien, havel havalim, vanité des vanités. Tous ceux qui ont voulu notre fin, n'existent plus : les Perses ne sont plus là, les Juifs oui – bien que perpétuellement menacés, aujourd’hui comme hier…
Regardons encore ce tableau et la coiffure monumentale d'Esther, dont les tresses qui descendent jusqu’à terre sont des feuilles de myrte. Il est vrai qu’Esther s’appelle en réalité Hadassa, qui signifie myrte, la plante la plus odorante, celle que l’on retrouve dans l’assemblage du loulav de Souccot. Sur la tête de la reine un diadème, avec sept fleurs, des fleurs d'amandier, et l’on sait que cet arbre est le symbole du peuple juif, tel qu’il se dresse dans la Menora, le chandelier à sept branches. Car les juifs se sont engagés par la formule naassé venichma - nous ferons et nous garderons -, comme le rapporte le célèbre dialogue de D. avec le prophète Jérémie : « - Que vois-tu, Jérémie ? - Je vois un bâton d’amandier. - Tu as bien vu parce que je veille sur mon peuple », avec cet inénarrable jeu de mot entre shaked = l’amande, et shoked - du verbe shakod - veiller, être attentif. D’où il ressort que l’amandier représente la présence bienveillante de notre D. et guide, de notre libérateur. Esther fait face à son destin, porteuse de l’espoir de son peuple ; elle dépasse d’une tête le roi, l’enveloppe, l’emprisonne dans sa chevelure tentaculaire. Le peintre nous représente une femme pieuse qui se couvre, sait se contenir (les tresses), pour mieux se réaliser. La source coule de son corps, l’eau, qui est la parole, symbole de la prophétie, symbole de la vie, qui va se régénérer alors qu'on s'apprête à la détruire.

Enfin, les pierres qui sont devant les personnages, sur le sable du désert, ne sont rien d’autres que ces pierres ou ces dés que les anciens Perses jetaient sur la table pour en deviner le sens et déchiffrer le sort. Ce sont ces dés qui ont donné au méchant la date du 13 Adar comme heure du génocide (qui n’a pas eu lieu). SAREL les représente éparses sur le désert, et n’ayant d’autre consistance que ces cailloux qu’on place sur les pierres tombales et dont la signification est un Yizcor, un rappel de mémoire. De fait, quand nous lisons la Meguila, nous ne nous rappelons pas ces personnages emblématiques et indéfiniment refoulés dans les sables d’un lointain passé, la Perse, Suse (dont je porte le nom, moi qui suis fils de Suse ou Chouchan : Ben Chouchan), Vashti, reine répudiée, Esther, vierge d’Israël miraculeusement choisie par D. par l’intermédiaire de Mordeh’aï, le roi Ah’ashverosh et le vilain vizir Haman. SAREL, s’il donne au roi de Perse une grandeur impériale, montre bien l’évanescence d’Esther : visage sans traits, beauté sans support, sans égale, elle est une de ces femmes de justice – Myriam, Judith ou Déborah - qui sont destinées à sauver Israël (tiens, tant qu’à rêver, et si c’était finalement une femme qui, réalisant enfin l’œuvre tronquée de Golda Meir, inventait vraiment la paix sur cette terre ?). Mais SAREL, qui a connu dans sa Tunisie natale l’horreur du nazisme et en a souffert dans sa chair (ainsi qu’il l’a projeté dans la fresque sculptée de la synagogue tunisienne de Netanya), sait donner à la geste d’Esther toute sa valeur et sa puissance symbolique. Oui, c’est une fête du souvenir, où nous pensons à tout notre peuple opprimé, réprimé, déporté, massacré, mais jamais anéanti, si forte est la présence de Hachem Elohénou qui nous délivre, Goalenou, et, Gaal Israël, délivre Israël.

Albert Bensoussan et Nicole Myriam Madar

Nicole Myriam Madar est l’auteur d’un roman, Sroulik, éditions Maurice Nadeau, Paris, 2006 (disponible à la librairie L’Arche du Livre, Netanya)

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