"Un
pays où les cailloux sont en fer et de ses montagnes
tu extrairas du cuivre". Deutéronome
8:9
La
vallée de Timna est située au sud-ouest de
la Arava, a une trentaine de kilomètre au nord du
golfe d'Eilat. Il s'agit d'une formation semi-circulaire
d'environ 70 kilomètres carrés, produite par
l'érosion, s'ouvrant à l'est vers la Arava
; au nord, à l'ouest et au sud, elle est entourée
de falaises de près de 300 mètres de hauteur.
Dans les parties basses de ces falaises et sur les versants
au-devant, des nodules riches en cuivre (dont la teneur
peut atteindre 55%) principalement de malachite et de chalcocite,
étaient exploités dans l'antiquité.
Depuis le Vle millénaire avant l'ère chrétienne,
lorsque l'homme découvrit comment transformer un
"morceau de rocher" en métal malléable,
le cuivre a été extrait et fondu dans la vallée
de Timna et ce, jusqu'à l'époque moderne,
avec les activités de la Société minière
Timna d'Israël qui a aujourd'hui cessé la production.
D'importants
vestiges d'activités humaines datant d'époques
reculées sont encore visibles dans les collines rocailleuses.
On trouve des témoignages d'une exploitation minière
dans les cheminées et les galeries, ainsi que de
fonte du cuivre dans des fourneaux de divers types. On trouve
également des vestiges de campements et de plusieurs
sites cultuels, notamment un sanctuaire de mineurs égyptiens.
La
présence de vestiges de la production de cuivre à
Timna était connue grâce à des études
effectuées à la fin du siècle dernier,
mais l'attention des savants et l'intérêt du
public furent stimulés à la fin des années
1930 lorsque Nelson Glueck attribua l'extraction minière
à Timna au roi Salomon (Xe siècle avant l'ère
chrétienne) et nomma le site "Mines du roi Salomon"
; cette théorie n'a pas été confirmée
par la suite par des recherches sur le terrain.
Les
études et les fouilles dans la vallée de Timna
ont été menées entre 1959 et 1990.
A partir de découvertes surprenantes, il est aujourd'hui
possible de reconstituer la longue et complexe histoire
de la production du cuivre sur ce site, depuis la fin de
la période néolithique jusqu'au moyen âge.
L'apogée des activités minières dans
la vallée de Timna se situe durant le règne
des Pharaons, des XIVe au XIIe siècles av., lorsque
les expéditions minières égyptiennes,
en collaboration avec les Midianites et les Amalécites,
firent de la région une grande industrie du cuivre.
L'exploitation
du cuivre
Après une phase initiale de ramassage
en surface des nodules de minerai à l'époque
préhistorique, les premiers mineurs suivirent les veines
de minerai souterraines qui affleuraient. Ces premiers puits,
creusés dans le roc avec de grands outils de pierre
peu pratiques, consistaient en de grands trous avec des galeries
qui partaient dans toutes les directions en suivant les veines
du mineral.
Les mineurs égyptiens qui arrivèrent par la
suite utilisèrent des ciseaux de métal et des
binettes pour creuser des puits tubulaires très réguliers,
avec des encoches dans les murs pour y descendre et en remonter.
Certains de ces puits pénétraient jusqu'à
une profondeur de 30 mètres et davantage avant d'atteindre
la couche de grès riche en cuivre. A partir des puits,
d'étroites galeries suivaient le minerai, s'élargissant
en cavités souterraines où d'importants nodules
de minerais devaient être extraits. Au fur et à
mesure que le réseau des galeries s'étendait,
il fallait retirer de lourdes charges de minerai le long des
étroites galeries et les ramener à la surface.
Ces puits de mines et ces galeries à plusieurs niveaux,
avec une ventilation souterraine appropriée, sont les
plus anciens faisant l'objet d'une exploitation systématique
découverts à ce jour.
L'exploitation minière fut abandonnée lorsque
la concentration des nodules de mineral déclina. Les
puits abandonnés et les galeries furent soit intentionnellement
comblés avec les rebuts de la mine, soit progressivement
comblés par le sable apporté par l'eau et par
le vent. Des restes de leur existence sont aujourd'hui visibles
dans les milliers de plaques en forme d'assiette retrouvées
sur les versants en contrebas des falaises de Timna.
La
production de cuivre
Le
premier four de fonte du cuivre bien conservé date
du Ve millénaire avant l'ère chrétienne.
Il consistait en un petit trou creusé dans le sol,
avec un soubassement de pierres, et ventilé par des
soufflets en peaux de chèvre. La fusion dans ces trous
était primitive et inefficace.
Pendant
les trois millénaires suivants, le cuivre fut produit
par des fourneaux qui s'amélioraient constamment grâce
à la maîtrise des procédés métallurgiques.
Dès la période chalcolithique (IVe millénaire
avant l'ère chrétienne), le minerai de fer (disponible
à Timna) fut ajouté en guise de fondant au minerai
de cuivre en fusion et au charbon de bois, ce qui améliora
considérablement la fonte. Un autre grand progrès
introduit au début du IIIe millénaire, consistait
à drainer les scories fluides hors du fourneau, ce
qui permettait de poursuivre la fonte tout en économisant
le précieux combustible. Le cuivre métallique
produit par ce procédé demeurait au bas du fourneau
sous la forme d'un lingot irrégulier - probablement
le premier lingot de cuivre de l'histoire.
Il
ne subsiste aucune trace de l'extraction minière ou
de fusion à Timna pour la période allant du
milieu du IIIe millénaire à la fin du IIe millénaire
av., lorsque les expéditions minières égyptiennes
arrivèrent. On trouve des vestiges de nombreux camps
de travail, principalement des ateliers pour la fonte du cuivre.
L'un des camps les plus étendus (400 ml) a fait l'objet
de fouilles ; dans sa cour centrale, un trou bordé
de pierres et servant d'entrepôt contenait des nodules
de minerai de fer destinés à être écrasés
sur une plate-forme de pierre voisine. Toutes sortes d'outils
de concassage comme les marteaux de granit, les mortiers et
les pilons, les enclumes et les moulins en grès "ensellés"
ont été retrouvés sur cette plate-forme.
Près des fours, à quelque distance des ateliers,
on a découvert des tas de scories, des trous de charbons
de bois, des tuyères, des outils en pierre et des fragments
de poterie.
Au
XIVe siècle avant l'ère chrétienne, à
l'époque de la production de cuivre égypto-midianite
à Timna, un fourneau très évolué,
consistant en un foyer de fusion en forme de coupe creusé
dans le sol et tapissé de mortier d'argile, était
en usage. Il mesurait environ 40 cm de diamètre et
50 cm de hauteur. Le haut de certains fourneaux avait la forme
d'un dôme. Devant le foyer de fusion, un trou peu profond,
flanqué de deux grandes pierres, servait à drainer
les scories. Un tube d'argile pénétrait dans
le mur du fourneau en face du trou de drainage et servait
de tuyère par lequel l'air était soufflé
par des poteries. Pour chaque fourneau, il fallait trois souffleries
et la zone de fusion était jonchée de centaines
de fragments de tuyères.
Le
temple de Hathor
Au
pied de l'immense formation de grès au centre de la
vallée de Timna, connue sous le nom de "piliers
du roi Salomon", un petit temple égyptien a été
découvert. Dédié à Hathor, déesse
égyptienne de la mine, il fut créé sous
le règne du pharaon Seti Ier (1318-1304 av.) et était
utilisé par les membres des expéditions minières
égyptiennes ainsi que par leurs compagnons de travail.
Le sanctuaire consistait en une cour ouverte de 9 x 6 m, avec
un naos (pièce cultuelle) où une niche avait
été creusée dans le roc, apparemment
pour abriter une statue de Hathor.
Le
temple fut gravement endommagé par un tremblement de
terre et reconstruit sous le règne du pharaon Ramsès
Il (1304-1237 av.) avec une cour plus spacieuse (10 x 9 m)
et un nouveau soi blanc plus solide. Les murs étaient
en grès local et en granit mais la façade était
en grès blanc provenant de la zone des mines. Le temple,
avec ses deux colonnes carrées soutenant des têtes
de Hathor, devait être un spectacle intéressant
à la lumière des rayons du soleil levant. Dans
la cour du temple se trouvait un atelier où étaient
coulées des figurines de cuivre servant d'offrandes
votives. Entre autres découvertes effectuées
dans le temple, citons des inscriptions hiéroglyphiques
présentant le dessin des sceaux de la plupart des pharaons
qui régnèrent entre le XlVe et le XIle siècle
avant l'ère chrétienne. On a également
découvert de nombreuses offrandes votives de facture
égyptienne, notamment des objets en cuivre, des récipients
en albâtre, des figurines de faïence représentant
des chats ou des léopards, des sceaux, des perles et
des scarabées, ainsi que des sculptures, des figurines
et des plaques représentant Hathor. Dans l'ensemble,
ce sont plusieurs milliers d'objets qui ont été
découverts dans le temple égyptien.
Avec
le déclin de la domination égyptienne sur la
région au milieu du XIle siècle av., les mines
de Timna et le temple de Hathor tombèrent à
l'abandon. Cependant, les activités cultuelles du temple
furent restaurées par les Midianites qui demeurèrent
à Timna pour une courte période après
le départ des Egyptiens. Ils supprimèrent la
plupart des traces du culte égyptien et effacèrent
les images de Hathor et les inscriptions égyptiennes
en hiéroglyphes sur les stelae. D'autres changements
furent effectués : une rangée de mazeboth (stelae)
fut érigée et un "banc des offrandes"
construit de chaque côté de l'entrée.
Des lambeaux de vêtements de laine ont été
retrouvés le long des murs de la cour, prouvant que
les Midianites avaient transformé le temple égyptien
en un sanctuaire du désert. Parmi les trouvailles effectuées
dans ce lieu saint midianite, citons un grand nombre de dons
votifs apportés spécialement de Midian, par
exemple une poterie merveilleusement décorée
et des bijoux de métal. La découverte d'un serpent
de cuivre à tête dorée revêt une
signification particulière. Il rappelle le serpent
d'airain décrit dans le Livre des Nombres (21 : 6-9).
Le témoignage d'une culture midianite élaborée,
comme on en trouve à Timna, est d'une importance exceptionnelle
à la lumière du récit biblique sur la
rencontre de Moïse et de Jéthro, le grand-prêtre
de Midian, et la participation de ce dernier à l'organisation
et au culte des Enfants d'Israël dans le désert
(Exode 18).
L'étude
et les fouilles à Timna furent menées par B.
Rotenberg, pour le compte de "I'Expédition Arava",
organisée sous les auspices du musée Haaretz
de Tel Aviv, l'Institut d'archéologie, l'Université
de Tel Aviv et (depuis 1974) l'Institut des études
archéo-métallurgiques de l'University College
de Londres.
Source
: Site du Ministère des Affaires Etrangères
du Gouvernement israélien.
Le
Parc de Timna
Le Parc est un site touristique
situé à 25 Km au Nord d'Eilat. Il se trouve
au centre de la Vallée d'Edom aux confins de la Vallée
de l'Arava. Il s'étend sur 60 km carrés de surface
en forme de demi-cercle et a été créé
il y a une dizaine de millions d'années à la
suite de l'activité tectonique qui est à l'origine
de la dépression Syro-Africaine.
Le Parc offre aux visiteurs une ouverture
géologique particulière et des perspectives
rocheuses qui lient les sommets granitiques aigus aux collines
tendres de sables colorés allant du blanc au rouge.
La visite du Parc peut se faire entièrement
en voiture sur des pistes ou à pied
avec des parcours de 3 à 8 heures.