| Cette année, le Nouvel
an juif coïncide avec mon départ de
France, ma mission d’Ambassadeur arrivant
à échéance ces jours-ci.
Arrivé en Octobre 2002 à une période
pour le moins tendue, j’ai pu durant ces
trois années de mission vivre une détente
dans les relations entre la France et Israël.
Ce processus d’amélioration entre
nos deux pays n’était pas acquis
d’avance, et pourtant, l’amélioration
a été tangible et substantielle.
L’impulsion française et la volonté
politique des deux côté ont été
essentielles, tout comme a été ferme
la lutte de la France contre les actes et les
paroles antisémites.
Mon mandat a été ponctué
par des événements très importants,
parmi lesquels la visite d’Etat de notre
Président Moshe Katsav ainsi que la visite
de notre Premier ministre Ariel Sharon, à
quelques jours du retrait de Gaza. Importants
aussi les nombreux accords de coopération
signés dans les domaines scientifiques,
économiques et culturels qui ont contribué
à renforcer solidement l’amitié
entre la France et Israël. J’appelle
de mes vœux la poursuite et le renforcement
des relations bilatérales déjà
existantes, pour le bien de tous.
La réalité de l’Etat d’Israël
est perçue plus finement en France, et
plus particulièrement au cours des récents
événements. Le désengagement
a été sans aucun doute l’événement
phare de cette année en Israël, désengagement
qui s’est concrétisé sur le
papier dès juin 2004 pour se conclure le
12 septembre 2005. Les secousses tant redoutées
n’ont pas eu lieu et, au contraire, la démocratie
israélienne en est sortie renforcée.
Du côté de la paix, de ce côté
si fragile, rien n’est acquis mais les choses
évoluent. Le désengagement israélien
nous a fait sortir d’une ornière.
Le changement capital de leadership palestinien
a été aussi un élément
favorable, et la rencontre de Sharm el-Sheikh
qui a suivi en février dernier a amorcé
une reprise du dialogue israélo-palestinien.
Même si les Israéliens sont plus
prudents que par le passé, le réalisme
cédant le pas à un trop plein d’optimisme,
la volonté d’Israël de parvenir
à la paix avec ses voisins demeure inchangée.
Le Proche-Orient dont nous rêvons est celui
du partage et de l’échange, de la
vie et du bien-être.
Je pars avec le sentiment qu’il reste beaucoup
à faire entre la France et Israël,
car le potentiel de rapprochement entre nos deux
sociétés est immense. Nous avons
beaucoup de valeurs communes, profondes, et nos
différences nous enrichissent également.
Il reste encore un vaste champ à explorer
pour le bénéfice de nos pays respectifs.
Je pars également pour retrouver mon pays
où les défis à relever ne
manquent pas non plus. La société
israélienne vit une période charnière,
compliquée, et toutes les déchirures
ne sont pas cicatrisées. Le besoin d’unité
est plus nécessaire que jamais, et nous
devons aussi affronter nos problèmes internes,
des problèmes sociaux notamment qu’il
est urgent de résoudre.
A la veille de Rosh Hashana, le Nouvel an juif,
permettez-moi de vous souhaiter douceur et bonheur,
et puisse nos vœux conjugués apporter
la paix.
Shana Tova
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