Aujourd'hui,
malheureusement, on peut comprendre pourquoi, tel qu'Il
est décrit et glorifié, le Dieu d'Israël,
l'éternel Tout Puissant, puisse être perçu
par certains comme une idole. En effet, au lieu d'être
le peuple du Dieu vivant, le Dieu Un, le peuple d'Israël
déchiré de toutes parts, est devenu entre
autre le peuple d'une seule idole, une idole assoiffée
de prières et de rites astreignants, et dont
les exigences frôlent parfois la déraison.
Il n'est alors pas étonnant qu'une partie des
enfants Israël se soit éloignée de
Lui, et que nos jeunes aillent chercher "la vérité"
aux quatre coins du monde.
Or
le Ramhal nous explique, dès les premières
phrases de son livre écrit il y a plus de 300ans,
que Dieu ne nous a créés que pour nous
délections de Lui, et jouissions de la splendeur
de Sa présence ("Ziv Chrinato"), spécifiant
qu'il s'agit d'une jouissance bien supérieure
à toutes celles que nous pouvons découvrir.
Indéniablement, Dieu nous aime. Il nous aime
d'un amour infini, comme un père aime ses enfants,
sans discrimination entre le faible et le fort, l'instruit
et l'ignorant, le pauvre et le riche, le religieux et
le non religieux etc.
Il aurait pu nous créer de manière à
ce que dès notre naissance et jusqu'à
notre mort, nous Lui rendions cet amour sans même
y réfléchir. Mais Il nous aime trop. Il
nous aime tant, qu'au prix de nous voir s'éloigner
de Lui, Il n'a pas voulu nous priver de ce qui nous
est le plus précieux, de ce qui fait la différence
majeure entre l'homme et les bêtes: le choix.
Priver un homme de la possibilité de choisir,
c'est lui enlever sa dignité et avec elle, sa
particularité.
L'homme
naît avec le choix. Il a le choix d'aimer Dieu
comme un fils qui aime son père et reconnaît
ce que celui-ci a fait pour lui, mais il a aussi le
choix, comme un enfant rebelle qui méprise ses
racines, de renier Dieu et de S'en éloigner.
Le
Ramhal nous fait comprendre, que malgré toutes
les apparences, malgré la quantité et
la diversité des choix que l'homme doit faire
et des décisions qu'il doit prendre tout au long
de sa vie, quelle que soit sa culture, quelles que soient
ses facultés intellectuelles, à chaque
pas, l'homme n'a réellement le choix qu'entre
deux possibilités: celle d'aller vers Dieu et
celle de s'en éloigner. Aller vers Dieu c'est
aller vers le "Ziv Chrinato" et la Vie Eternelle,
s'en éloigner c'est courir à sa perte.
Messilat
Yecharim est une carte routière qui permet à
chacun qui la suit d'atteindre le "Ziv Chrinato".
Pour y arriver il y a un code de la route à respecter.
Le Ramhal l'explique avec grande précision, en
décrivant tous les obstacles que l'on peut trouver
sur cette route et comment les éviter, les contourner
ou les affronter. Aucun détail n'est épargné.
Cependant ce code n'est certes pas comme on pourrait
l'imaginer un emploi du temps chargé de prières,
de rites ou de jeûnes.
C'est
un code universel qui enseigne la connaissance de soi,
le respect et l'amour de soi et de l'autre. Un code
d'une simplicité fulgurante, et d'une clarté
époustouflante. Sondez vos cœurs sans répit,
dans chacun de vos actes, dans chacune de vos pensées.
Apprenez à vous connaître, apprenez à
vous aimer, à accepter ce que vous ne pouvez
changer et à améliorer le reste. Débarrassez-vous
de tout ce qui n'est pas "vous". Déshabillez-vous
de ces couches ridicules d'orgueil d'envie et de peur,
qui au lieu de vous protéger vous éloigne
de votre seul protecteur, le Dieu Tout-Puissant qui
a crée la terre et les cieux. N'ayez crainte
de paraître nu devant votre créateur. C'est
Lui qui vous a fait; Il vous connaît mieux que
vous-même, et vous aime pour ce que vous êtes.
Voila ce qu'enseigne le Ramhal, avec une connaissance
sans pareil de l'âme humaine, à côté
de laquelle, les enseignements que vont chercher nos
jeunes en Inde par exemple, ont l'air plutôt pâles
et même parfois infantiles.
Ce
code est très strict, car quand il est question
de vie ou de mort, comment pourrait-il en être
autrement? Cependant il ne faut pas entendre le "Ziv
Chrinato" comme un lieu exotique et mystérieux,
comme une sorte de club privé dont l'entrée
serait réservée à une élite.
Le Ramhal nous dit que non seulement le "Ziv Chrinato"
est accessible à tous, à tous ceux qui
sont prêts à prendre la route et à
en respecter le code, mais que c'est ce lieu même
où chaque homme désire parvenir. Dans
un langage moderne et limité on pourrait appeler
ce lieu la réalisation de soi; mais c'est bien
plus: c'est ce lieu où la "lumière
de l'homme" brille de tous ses feux. La "lumière
de l'homme" est entre guillemets car l'homme en
lui-même n'a pas de lumière, si ce n'est
celle de Dieu qui s'y reflète.
A
prime abord la tâche semble extrêmement
difficile, pratiquement insurmontable et pourtant le
Ramhal nous rappelle tout le long du livre à
quel point c'est simple: "Ve ze pachut". Un
peu comme lorsqu'on doit faire des excuses: cela demande
parfois un effort qui parait insurmontable et pourtant
c'est si simple de dire "pardon".
Le
peuple d'Israël attend le messie mais le Ramhal
nous fait comprendre qu'en réalité c'est
Dieu qui "attend" le peuple Israël. Dieu
n'attend pas, comme on pourrait le croire, que le peuple
Israël lui récite des psaumes à longueur
de journée ou que les fils Israël soient
tous vêtus de noir et que les filles Israël
portent des perruques ou des bas en plein été.
Dieu attend les enfants Israël comme un père
qui attend que ses enfants grandissent et deviennent
ces êtres magnifiques auxquels il a donné
la vie, chacun avec sa particularité, chacun
avec sa lumière.
Chacun
de nous est une image de Dieu, un miroir qui reflète
une des nombreuses facettes de Dieu. Nettoyer et faire
briller ce miroir afin que la Gloire de Dieu se manifeste
aux yeux de tous et éclaire la terre entière,
c'est ce que propose Messilat Yecharim."
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