Le
plateau plat en losange de Massada mesure 600 sur 300 mètres.
Les fortifications - deux murailles parallèles, avec
des parois intérieures divisant en salles l'espace
qui les sépare - ont 1 400 mètres de long sur
4 mètres de large. Edifiées le long du rebord
du plateau, au-dessus de l'à-pic, elles incluaient
de nombreuses tours.
Trois
sentiers étroits et sinueux menaient aux portes fortifiées.
L'approvisionnement en eau était fourni par un réseau
de vastes réservoirs creusés à même
le roc, qui s'emplissaient en hiver des eaux de pluie dévalant
en flots ce versant de la montagne. Les citernes supérieures
suffisaient aux besoins immédiats des habitants de
Massada et pouvaient également servir en cas de siège.
Pour conserver une certain fraîcheur malgré le
climat chaud et sec de Massada, les nombreuses bâtisses,
de tailles et de fonctions variées, possédaient
des murs épais, faits de plusieurs couches de dure
pierre dolomitique enduite de plâtre.
A
l'extrémité nord de Massada, un réseau
dense de bâtisses servait de centre administratif et
incluait des entrepôts, un vaste établissement
de bains et des cantonnements confortables pour les officiers
et leurs familles.
Le palais
résidentiel d'Hérode
s'élevait sur le bord septentrional de la falaise.
Dotée d'une vue splendide, cette élégante
villa était séparée de la forteresse
par une muraille, offrant ainsi une intimité et une
sécurité maximales. Le palais consiste en trois
niveaux luxueusement construits, et reliés par un étroit
escalier taillé dans le roc.
Sur
la terrasse supérieure, plusieurs salles servaient
d'appartements, précédés d'un balcon
semi-circulaire aux deux rangées concentriques de colonnes.
Des mosaïques aux motifs géométriques blancs
et noirs pavaient les chambres.
Les
deux terrasses inférieures étaient des lieux
de loisirs et de détente. Le niveau moyen possédait
deux murs concentriques à colonnade couverte, formant
un portique autour d'une cour centrale.
La terrasse la plus basse, de forme carrée, s'étendait
autour d'une cour centrale à ciel ouvert entourée
de portiques. Ses colonnes aux chapiteaux corinthiens étaient
enduites de plâtre cannelé. Des peintures à
fresque, aux motifs géométriques multicolores
ou imitant le marbre, agrémentaient la partie inférieure
des murs. On trouvait également à ce niveau
des bains privés de modestes dimensions. C'est là,
sous une épaisse couche de débris, que furent
découverts les restes de trois squelettes : un homme,
une femme et un enfant. La magnifique chevelure tressée
de la femme était bien conservée, et ses sandales
intactes se trouvaient près d'elle, ainsi que des centaines
d'écailles de bronze de l'armure de l'homme, sans doute
un butin pris aux Romains.
Les
entrepôts.
Ils consistaient en deux rangées de longues salles
ouvrant sur un corridor central. Le sol de ces entrepôts
était couvert d'un épais enduit, et la charpente
de bois recouverte de plâtre dur.
On
découvrit sur ces lieux un grand nombre de récipients
brisés ayant contenu de grandes quantités d'huile,
de vin, de graines et autres denrées alimentaires.
L'établissement
de bains.
Ingénieusement conçu, servant sans doute aux invités
de marque et aux responsables de Massada, il incluait une vaste
cour entourée de portiques et plusieurs pièces
au sol de carrelage ou de mosaïque, dont les murs étaient
parfois décorés de fresques. La plus grande de
ces salles s'appelait le caldarium (chambre chaude). Son sol
reposait sur des rangées de piliers bas, ce qui permettait
de porter la salle à la température désirée
en y insufflant de l'air chaud provenant d'un fourneau et qui
circulait sous le sol et dans des tuyaux disposés le
long des murs.
Le palais occidental. Ce palais, le plus vaste édifice
de Massada, couvrait 4 000 mètres carrés. Situé
au milieu des fortifications occidentales, près de l'entrée
principale donnant sur la Judée et sur Jérusalem,
il servait de centre administratif de la forteresse, et de palais
d'apparat pour le roi. Ses quatre ailes incluaient d'élégants
appartements royaux, un secteur d'ateliers, et une unité
administrative. Les appartements royaux comprenaient de nombreuses
salles distribuées autour d'une cour centrale, avec côté
sud une vaste chambre dotée de deux colonnes doriques
supportant le toit et aux murs décorés de panneaux
moulés en stuc blanc. Côté est, se trouvaient
plusieurs salles aux sols de mosaïque superbement colorée.
Le sol de la plus vaste était décoré d'une
mosaïque particulièrement décorative, avec
des motifs floraux et géométriques et des bandes
carrées concentriques. C'était peut-être
la salle du trône du roi Hérode, le siège
de son autorité lorsqu'il résidait à Massada.
MASSADA,
FIEF ZELOTE
Dans cette construction hérodienne, la synagogue de
12,5 sur 10,5 mètres, orientée vers Jérusalem,
s'insérait dans la section nord-ouest des fortifications.
Elle servit également aux juifs qui vécurent
à Massada durant la grande révolte contre les
Romains. Les fidèles avaient construit quatre rangées
de bancs de plâtre le long des murs, ainsi que des colonnes
soutenant le toit. Cet édifice est considéré
comme le meilleur exemple d'entre les synagogues antérieures
à la destruction du Temple de Jérusalem en l'an
70.
Un ostracon, tesson de terre cuite, portant l'inscription
Maasser Cohen (dîme pour le prêtre) a été
découvert dans la synagogue. Des fragments de deux
rouleaux, contenant des textes du Deutéronome et de
Ezéchiel 37 (y compris la "vision de la vallée
des ossements") ont également été
trouvés dans des excavations creusées sous le
sol d'une petite pièce située à l'intérieur
de la synagogue.
Objets
façonnés.
Parmi les nombreux petits objets - la plupart datant de l'époque
des zélotes - figurent des ustensiles de poterie et
des récipients de pierre, des armes (surtout des pointes
de flèche), des restes de tissu et de nourriture préservés
par la sécheresse du climat, des centaines de tessons
de poteries, parfois avec des inscriptions en lettres hébraïques,
des pièces de bronze et des sicles d'argent.
L'un des tessons des amphores utilisées pour l'importation
du vin de Rome (marquées du nom de C. Sentius Saturnius,
consul en l'an 19 av. J.- C.) est spécialement intéressant
; il porte en effet l'inscription : A Hérode, roi des
Juifs.
Quantité de pièces de bronze et des dizaines
de sicles et demi-sicles d'argent avaient été
cachés par les zélotes. Les sicles, découverts
en excellent état de conservation, datent de toutes
les années de la révolte, depuis l'an un jusqu'aux
très rares exemplaires frappés en l'an cinq
(70 de l'ère chrétienne), l'année où
le Temple fut détruit.
Devant
le palais septentrional, onze petits ostracae ont été
découverts, portant chacun un unique nom. Sur l'un
d'entre eux, on peut lire "ben Yaïr", peut-être
mis en abrégé pour Eleazar ben Yaïr, le
commandant de la forteresse. On a suggéré que
les autres dix noms étaient ceux des hommes tirés
au sort pour tuer les autres habitants de Massada puis se
suicider, comme le relate Flavius Josèphe.
Les traces d'un énorme incendie sont omniprésentes.
Le feu a probablement été mis par les derniers
des zélotes avant leur suicide. Flavius Josèphe
écrit que tout avait été incendié,
excepté les entrepôts - afin de prouver aux Romains
que ce n'était pas la faim qui avait conduit les défenseurs
de Massada au suicide.
Deux mille ans se sont écoulés
depuis que Massada est tombée. Le climat de la région
et l'isolement ont contribué à garder le site
dans un extraordinaire état de conservation. Aujourd'hui,
un téléphérique hisse les visiteurs au
sommet de la falaise où s'élevait la dernière
forteresse juive à avoir résisté aux
Romains.
Les
fouilles ont été dirigées par Y. Yadin
pour le compte de l'université hébraïque
de Jérusalem, de la Société d'exploration
d'Israël et de l'Office des antiquités et musées
d'Israël (aujourd'hui Direction des antiquités
d'Israël).
Source
: Site du Ministère des Affaires étrangères
d'Israël et Musée d'Israël
De
nombreux fragments de rouleaux de parchemins ont été
trouvés au sud de la Synagogue.