Différents
documents du Moyen Age attestent de la présence
de Communautés Juives dans ce qui va devenir la
Seine-et-Marne. Les Historiens citent les villes suivantes
qui auraient abrité une Communauté: Meaux,
Lagny, Provins, Melun, Livry-sur-Seine, Bray-sur-Seine,
Foljuif, Nemours, Château-Landon, Brie-Comte-Robert,
Montoix, Pontault-Combault, Nangis, Lizy-sur-Ourcq, Coulommiers,
Montereau-fault-Yonne, Donnemarie-en-Montois et Herbeauvilliers.
Il est fort possible qu'il y eut des juifs dans la léproserie
de Samois mais il n'y a jamais eu de communauté
à Avon, Paroisse Royale, et encore moins à
Fontainebleau qui n'existait pas encore.
Dans
la première moitié du XIXème siècle,
le Grand Rabbin Lazare Wogue raconta l'histoire d'un Juif
Errant à la Roche qui pleure près de l'Ermitage
de Franchart. Une légende prétendait que
le Comte de Saint Germain soit disant né en Palestine
avant Jésus-Christ et réincarné sous
Louis IX, fut frappé, vers les gorges de Franchart,
par un bruit argentin de l'eau s'égouttant régulièrement
il ne savait d'où: c'était un juif errant
qui pleurait!.... Presque aussitôt, une voix éclatante
se fit entendre, qui criait: Marche, Marche!.... Le Juif
Errant disparut et, par enchantement céleste, le
rocher qu'il avait arrosé de ses larmes se mit
à pleurer à son tour. Informé du
phénomène Saint-Louis purifia la forêt
en y fondant un hôpital et deux chapelles, et depuis
lors le Juif Errant n'apparaît plus jamais à
personne.
Aujourd'hui
la "Roche" ne pleure plus, en effet cette eau
"amère et roussâtre" comme disait
l'abbé Guilbert, dégoulinait de la Platière,
et la croyance populaire lui attribuait le pouvoir de
fortifier la vue des jeunes enfants et de guérir
des maux d'yeux en général. Paul Domet raconte
qu'au siècle dernier les jeunes mères y
baignaient le visage de leur nouveau-né, lors du
pèlerinage de Franchart le mardi de la Pentecôte.
Avec
la dernière expulsion de 1394, il n'y a plus de
Communautés Juives établies en Terre de
France. Pourtant dans cette région de Brie et de
Gâtinais, qui allait former la Seine-et-Marne, au
gré des favoris et pour d'autres raisons, certains
juifs et certains écrits hébraïques
graviteront autour de la Cour Royale. Outre Joseph Orabuena
à Nemours, François 1er, qui développa
et embellit Fontainebleau, eut un médecin juif
originaire de Constantinople en 1538. Il est aisément
imaginable qu'il l'emmena avec lui durant ses séjours
à Fontainebleau. Le médecin juif le plus
connu qui soit venu dans cette cité royale est
sans conteste: Elie de Montaldo. Elie de Montaldo, juif
espagnol, était le médecin personnel de
Marie de Médicis et soigna le futur Louis XIII.
D'après certains recoupements historiques, cette
scène se passa à Fontainebleau car Jean
Héroard, médecin de Louis XIII, notait dans
son journal:&laqno;.... Le Dauphin lui dit: &laqno;Parlez,
docteur, parlez, docteur de la Palestine...Ê».
Elie de Montaldo eut l'autorisation du Pape Paul V et
de Marie de Médicis de pratiquer officiellement
le Judaïsme en France. L'histoire d'Elie de Montaldo
est également connue par le biais du procès
en sorcellerie de la &laqno;Galigaï», femme
de Concini, Duc d'Albe. Elie de Montaldo meurt à
Tours et son corps fut enseveli dans le cimetière
juif d'Amsterdam. Il est également possible que
le Médecin marrane Isaac Orobio de Castro séjourna
près de la cour lors de ses séjours bellifontains
avant de revenir au Judaïsme en Hollande.
En
ce qui concerne le matériel religieux juif, la
bibliothèque royale de Fontainebleau possédait
de nombreux manuscrits hébraïques avant sa
réunification à la Bibliothèque Nationale.
La Reine Christine de Suède en quittant Fontainebleau
laissa-t-elle quelques livres en caractères hébraïques
qu'elle avait oublié? Christine de Suède,
batailleuse, coléreuse, emportée mais remarquablement
intelligente, parlait huit langues et en comprenait onze.
Pour être libre de ses actes, elle avait abdiqué
et adjuré le protestantisme. En 1657, Christine
de Suède se trouvait à Fontainebleau et
y reçut des mains du célèbre savant
chrétien Gilbert Gaulmin , qui habitait Moulins,
plus d'une centaine de manuscrits hébraïques.
L'abbé Antoine Guénée, qui meurt
à Fontainebleau en 1803, était l'auteur
des &laqno;Lettres de quelques juifs portugais, allemands
et polonais à M. de Voltaire». Bien avant
l'abbé Grégoire , il fut un philosémite
convaincu et un sioniste avant la lettre. Louis XVIII
et son frère firent édifier une stèle
en marbre blanc à l'Abbé Guénée
dans l'hôpital de Fontainebleau en mémoire
de leur maître.
Dès
le début du XVIIIème nombre de juifs sillonnèrent
certaines régions de la France pour le ravitaillement
de l'Armée notamment Cerfbeer. D'autres, amuseurs
publics ou fripiers, suivaient la Cour dans ses déplacements.
Un certain Lévy de Ferrare, bien que muni d'un
passeport du Duc de Lorraine, fut arrêter sur la
route de Fontainebleau. Mais ceux qui laissèrent
durablement leur nom furent Assure Mayer, et Samuel Lévy.
Assure Mayer, arrivé à Paris vers 1745,
était le facteur de l'électeur de Cologne.
Venant récupérer des créances pour
son maître , il courut de Versailles à Fontainebleau
mais son travail terminé il resta à Paris.
Salomon Lévy, banquier alsacien, fit de nombreux
trafics avec le financier John Law au Château de
Guermantes.
Mais
quelquefois des juifs venaient en Ile-de-France pour d'autres
raisons telle: "s'intégrer dans la société
française en se convertissant au Christianisme".
Plusieurs cas sont cités à travers différentes
archives, notamment David Lyon, meunier à Meaux
s'était converti depuis 1793 et s'était
marié avec Marianne Pélagie Le Ken en septembre
de la même année. Léon Kahn précisait
dans &laqno;Les Archives Israélites» de 1892
que le 12 Juin 1757 une jeune fille juive, originaire
de Constantinople, voulut se faire instruire dans la religion
catholique par les Soeurs de la Charité de Fontainebleau.
Cerfberr
passa plusieurs fois à Fontainebleau notamment
en 1783 pour demander par écrit l'abrogation du
Péage Corporel imposé aux juifs depuis le
Moyen-Age. Si ce décret d'abolition fut signé
par le Baron de Breteuil, c'était sur une proposition
de Malesherbes qui avait réuni une commission de
notables juifs sur ce sujet. En 1787, revenu aux affaires,
Malesherbes rédigea un mémoire qui déboucha
sur l'Edit de Tolérance pour les cultes non catholiques.
L'émancipation des juifs étaient dans les
cartons mais la Révolution arriva....
La
puissance des mots fait souvent commettre des erreurs.
Si dans différents documents l'Hôtel d'Ecosse,
qui était le logis de la Garde Ecossaise, porte
le patronyme de Synagogue», ce n'est pas pour cela
que c'était un lieu de culte pour les Juifs. La
Guilde des fripiers parisiens était appelée
la Synagogue" et en 1652 elle fut soupçonnée
de pratiquer le Judaïsme en secret et ainsi accusée
de crime rituel. En effet Jean Bourgeois fut assassiné
à Paris par la Compagnie des vendeurs de vieux
vêtements qui s'appelaient entre eux &laqno;Voilà
la Synagogue". Ce meurtre donna lieu à de
nombreuses Mazarinades» notamment contre les juifs.
En réalité les Fripiers de Paris furent
surnommés &laqno;La Synagogue» parce qu'ils
habitaient la &laqno;Juiverie», le quartier de la
rue des Rosiers, des Ecouffes, de la Juiverie et du Roi
de Sicile. Il n'y a donc pas loin à penser que
la Confrérie des fripiers de Fontainebleau s'affubla
du même nom.
Certains
historiens ont pensé que le premier noyau de la
Communauté Juive de Fontainebleau se forma autour
de la fabrique de Porcelaine dont les propriétaires
furent Jacob Benjamin, Aaron Schmoll et Baruch Weil, il
n'en est rien. Dès 1784, ce sont de petits colporteurs
qui s'installèrent les premiers dans cette cité
royale sans doute à cause de sa situation géographique
compte tenu des réseaux fluviaux et routiers. L'affaire
qui a fait date dans cette communauté est l'arrestation
de Salomon Wahl en 1794 sur la route de Troyes. Il fut
accusé de billonnage et dans le procès verbal
de son arrestation il déclarait habiter Fontainebleau
depuis plusieurs années. Déjà vers
1784 l'embryon de la Communauté était né,
il y avait 121 juifs à Fontainebleau lors du recensement
de 1808 réparti ainsi: 25 hommes, 24 femmes et
72 enfants. La plupart des noms patronymes venait d'Alsace:
Wahl, Wogue, Weil, Bernard, Spira, Lévy, Bloch,
Volf, D'Ennery, Cerf, Lyon, Trefoux ou Caen, d'autres
de plus loin: Bablaban, Bier, Dollinger. En 1809, le Consistoire
Israélite de Paris nomma Lazare Weil, directeur
de la Fabrique de Porcelaine, Commissaire-Surveillant
de la Communauté. C'était l'aïeul de
Marcel Proust.
Les Synagogues Bellifontaines
Les
trois frères Wahl sont à l'origine du premier
lieu de culte, en effet en 1795 ils achetèrent
un hôtel particulier, Place des Trois Maillets pour
servir de Synagogue. Il est fort possible qu'à
cette époque le premier ministre officiant fut:
Aron Polonais qui avait été instituteur
à Paris et qui avait remis avec Jacob Benjamin,
en 1793, les objets de cultes à l'Hôtel de
la Monnaie pour en recevoir une mention civique. Sous
la Terreur Aron Polonais et Joseph Cahen avaient conduit
leurs élèves, les jours de Décadi,
au Temple de la Raison (Notre-Dame de Paris). En 1819
la Communauté acheta une maison rue des Maudinés
qui servit jusqu'en 1857 de lieu de Culte. Une nouvelle
synagogue fut inaugurée en Août 1857 sur
l'ancien emplacement de l'Hôtel du Chambellan et
construite d'après l'architecte du Palais de Fontainebleau:
Nathan Nathan dit Salomon. Cette Synagogue fut rasée
par les Allemands en 1941.En 1965 avec l'aide des américains
résidants à Fontainebleau une nouvelle synagogue
fut inaugurée sur l'emplacement de celle détruite
par les nazis.
De
la Révolution à la Seconde Guerre Mondiale,
les Ministres du Cultes, jusqu'à 1940, furent:
Aron Polonais, Salomon Lévy, Alexandre Blum, Léon
Siegel, Isaac Grumbach, Lazare Cerf, Haim Mandelzweig
et M. Hollander.
La
Communauté de Fontainebleau fut la seule communauté
juive constituée dans la région jusqu'en
1846. En effet, dans les courriers des Préfets
et Sous-Préfets concernant les recensement des
juifs en Seine-et-Marne, les rôles font apparaître
que les Juifs du Loiret et de l'Yonne étaient dénombrer
à Fontainebleau. Dans la correspondance entre le
Consistoire de Paris et la Synagogue Bellifontaine, certains
courriers du Consistoire demandent au Président
de la Communauté de s'adresser aux Maires d'Orléans,
de Lizy-sur-Ourcq et de Sens pour connaître l'état
des Juifs dans chacune de leur commune respective. En
1841, il y a en Seine-et-Marne: 11 juifs à Lizy-sur-Ourcq,
10 à Nemours et 70 à Fontainebleau. A la
fin du XIXème siècle , 38 sont à
Melun, 10 à Colommiers, 162 à La Ferté-sous-Jouarre,
21 à Lagny, 26 à Meaux et 99 à Fontainebleau.
Jusqu'en 1905 la Communauté Juive de Fontainebleau
fut sous la dépendance du Consistoire de Paris,
à cette date elle entra dans le giron du Consistoire
de Nantes, nouvellement créé, et ce n'est
qu'en 1923 que le Conseil d'Administration de la Synagogue
demanda au Consistoire de Paris de reprendre les biens
de la Communauté.
Depuis
que des juifs se sont installés à Fontainebleau,
toutes les infrastructures communautaires ont été
créés pour le bien être de la vie
religieuse. La synagogue avait trouvé sa place
au milieu de la petite communauté et autour de
cette synagogue vont se développer la Shekhita;
l'abattage rituel, le Mikvé; le bain et le Talmud-Thora;
l'enseignement religieux.
·
Le Shekhita: Lorsque Salomon Levy se présenta en
Mairie de Fontainebleau en 1808, il déclara être
instituteur du Culte Mosaïque. Parmi ses attributions,
l'abattage rituel pour la viande cacher était l'une
des principales. Les archives conservent encore différents
contrats de boucherie entre un boucher bellifontain et
le Ministre-officiant de la Communauté faisant
office de Shohet (Sacrificateur). La Communauté
Juive de Fontainebleau fournissait dès 1840 de
la viande cacher et des galettes de pains azymes aux détenus
de la prison centrale de Melun.
·Le
Mikvé: Depuis la plus haute antiquité, un
puits se trouvait prés des &laqno;Bathé
Knesset» (Maisons communautaires) afin que les juifs
puissent faire leurs ablutions. D'après les plans
de la maison achetée en 1819, il y avait un puits
dans la cour alimentant un Mikvé (bain rituel).
En ce qui concerne la synagogue, rue de l'Abreuvoir, Nathan
Salomon fait la description d'un mikvé dans la
maison du Ministre-officiant.
·Le
Talmud-Thora: Le Ministre-officiant donnait des cours
d'enseignement religieux comprenant l'apprentissage de
la langue hébraïque. Le futur Grand Rabbin
Lazare Wogue et Samuel Adam-Salomon usèrent leurs
fonds de culotte sur les bancs du Heder (école)
à Fontainebleau. Le Consistoire de Paris entretenait
les frais de cette instruction religieuse.
Le
7 floréal de l'An VI (avril 1798) le Bureau des
Lois donna un avis négatif à la demande
des frères Wahl à jouir d'un terrain particulier
pour les ensevelissement. Les juifs se firent donc enterrés
dans un parcelle du Cimetière communal ouvert le
1er Fructidor de l'An II dans la Vallée de la Chambre.
En 1822, sur réclamation du curé, un terrain
fut accordé au Mont-Pierreux pour y établir
un nouveau cimetière mais les juifs demandèrent
à continuer d'être enseveli dans la Vallée
de la Chambre. Salomon Lévy de Sens légua
à la Communauté la somme de 1000 francs
or pour faire élever un mur autour du Cimetière.
Au fils des années, les juifs acquirent le terrain
du cimetière par voie d'échange confirmé
en 1876. Cette possession fut remise en question par la
loi de 1905 sur la séparation entre les biens de
l'Eglise et de l'Etat. En 1907, le Cimetière Juif
de la Vallée de la Chambre devait une cimetière
municipal mais un accord était conclu pour que
n'y fusse enterré que des israélites. Outre
juifs de la Communauté de Fontainebleau/Melun,
ont été enterrés dans ce cimetière
les prisonniers de la Centrale et cinq soldats juifs morts
durant les combats de 1914-1918.
En
ce qui concerne la Boucherie "Cacher", le Consistoire
de Paris donna en 1857 son autorisation pour l'établissement
de deux boucheries rituelles à Fontainebleau. Une
devait être sous le contrôle de la Communauté
et l'autre sous celui de Lazare Wogue qui acheta un fonds
de boucherie en 1861 à Fontainebleau. Or Lazare
Wogue s'opposa à ce que cela soit Alexandre Blum,
Ministre-Officiant de la Communauté, qui tient
le rôle de Shohet (sacrificateur) dans sa boucherie.
Une plainte fut déposée au Consistoire Israélite
de Paris contre Lazare Wogue, jumeau de Joseph Wogue,
pour usurpation de fonction de Shohet. Les rivalités
vont déboucher dans une guerre ouverte entre les
tenants des Wogue et le reste de la Communauté.
Faisant suite à cette querelle, le 19 octobre 1860
Jacob-Petit, Isaïe Weill, Jacques Joseph et d'autres
membres de la communauté déposèrent
plainte contre les administrateurs à propos du
"Droit du Couteau".
Abraham
Wogue, le chef du clan, avait été durant
de longues années ou Commissaire-Administrateur
ou Président de la Commission administrative. Un
premier conflit fut soulevé par la famille Wogue
au sujet de la Boucherie "Cacher". Le Grand
Rabbin de Paris fut intervenir pour maintenir Alexandre
Blum, engagé comme Ministre-Officiant et Sacrificateur.
Afin de concilier les deux parties, Mr le Grand Rabbin
autorisa le Shohet à exercer la Shita (abattage
rituel) pour deux boucheries et invita les israélites
de Fontainebleau à s'approvisionner dans telle
boucherie qui leur conviendraient. Or cette mesure ne
convient pas à la famille Wogue, elle voulait un
autre Shohet et créa ainsi une boucherie clandestine
donnant naissance à la scission de la Communauté.
Le Consistoire de Paris dut, par un arrêté
en date du 17 juillet 1857, révoquer Mr Wogue Père
des fonctions de Président et de Membre de la Commission
administrative. Après l'inauguration du nouveau
Temple à Fontainebleau, il n'est pas de démarche,
de tentative que ne fit la famille Wogue pour nuire à
cette synagogue si laborieusement élevée
par la piété des fidèles notamment
par des réunions de prières clandestines.
Les réunions de prières privées et
le problème des clés du cimetière
vont contribuer à échauffer les susceptibilités
et ce n'est qu'en 1862 que les relations entre les membres
de la Communauté et les partisans de la famille
Wogue vont s'améliorer, et cela après plusieurs
interventions du Grand Rabbin de Paris, du Maire, du Sous-Préfet
et du Préfet et une mise en garde du Ministre de
la Justice Chaix-d'Ange. A propos des réunions
de prières illégales, le Ministère
de la Justice avait engagé une poursuite en vertu
de l'art. 294 du Code Pénal, et non d'après
l'ordonnance de 1844. Dans les deux cas, il est impossible
de conclure à un droit de réunion sans autorisation.
Les racines
des Wogue étaient à Bouchewiller dans le Haut
Rhin. Lazare Wogue et ses quatre fils s'installèrent
à Fontainebleau autour de 1800. Ils se déclarèrent
tous en mairie de cette ville entre 16 septembre et 20 octobre
1808 selon le décret de Bayonne du 20 juillet 1808.
Les Wogue, et ses collatéraux, fut l'une des plus
importantes familles juives de Fontainebleau par son nombre
et par la durée de sa présence à Fontainebleau.
Lazare Lippmann et Cisèle Blum eurent quatre fils:
Jacob, Abraham, Michel et Jacques, regardons leur généalogie:
Jacob
Wogue
Jacob Wogue
épousa Agar Lévy et ils eurent une fille:
Elysabeth né en 1795
Abraham
Wogue
Abraham Wogue
épousa en premières noces Babé Lévy
puis Caroline Cayenne.
De son
mariage avec Babé Lévy, il eut:
Elie 1798/1876
(Lunéville)
Michel 1811
(Fontainebleau)-1859 (Magenta),il se maria à R. Barra
et eut une fille
Le Capitaine
Michel Wogue meurt de ses blessures
au Petit
Pont de Magenta (Italie). Chevalier de la
Légion
d'honneur, il est enterré en grandes pompes
dans le cimetière
israélite de Fontainebleau.
Avec Caroline
Cayenne:
Daniel né
en 1812 à Fontainebleau
Lazare né
en 1816 à Fontainebleau: jumeau
Joseph né
en 1816 à Fontainebleau/ 1901: jumeau
Il se maria
avec Célestine Hayem et eut une fille
Cécilia
épousa Samuel Level, ils eurent
1° Léa
Level épousa Arthur Weiler qui virent naître
Suzy Welty.
2° Jeanne
Level se maria avec Moise Créange et ils eurent trois
fils
Jean qui
eut trois fils
Pierre qui
eut 1 fils et 1 fille
Jacques:
?
3° Maurice
Level eut deux filles d'un premier mariage
puis épousa
M.J. Regnier dont il eut Michaël et une fille.
Michel
Wogue
Michel Wogue
se maria avec Rachel Wogue puis après le décès
de celle-ci avec Catiche Trenel. Il est le père d'une
famille nombreuse et est le père du Grand Rabbin
Lazare Wogue.
Avec Rachel
Wogue (4 enfants)
Elisabeth
1797
Nathan 1800/1880
(Lunéville)
Anne Catherine
1802
?
Avec Catiche
Trenel:
Elie 1812/1812
Lazare 1817
Fontainebleau/ 1897 Paris
Isaac 1819
Fontainebleau/1819
Sarah 1823
Fontainebleau/ 1894
Michel 1824
Fontainebleau/
Jacques
Wogue
Jacques Wogue
épousa Caroline Elie Moyse; ils eurent un fils Elie
né en 1812. Caroline Elie Moyse était née
en 1777 à Bouxwillers (67), elle meurt le 2 février
1858 à Fontainebleau. Elle était la fille
d'Elie Moyse et de Sara Meyer.
Jacques Wogue
naquit le 10 septembre 1778 à Bouschwiller (68) et
décéda le 6 février 1858 à Fontainebleau,
il ne survécut que quatre jour au décès
de son épouse.
Parmi les
notables ou les personnalités que comptèrent
cette Communauté, il faut citer, il faut citer le
Porcelainier Baruch Weil, Chevalier de la Légion
d'Honneur, dont le père fut le Commissaire-Surveillant
de la Communauté. Son frère Cerf Weil, gendre
de Cerfbeer, travailla dans la fabrique de porcelaine avec
son neveu, Godchaux Baruch Weil avant qu'il ne devienne
&laqno;Ben Levi» en littérature. Ses autres
fils laissèrent une empreinte très profonde
dans la Communauté Juive dont Nathée qui fut
le père de Jeanne Weil, mère de Marcel Proust.
La plus importante famille fut celle des Wogue: le Capitaine
Michel Wogue, Légion d'honneur en Algérie
et mort à Magenta en 1859, deux Wogue meurent à
l'hospice israélite de Lunéville, le Grand
Rabbin Lazare Wogue naît à Fontainebleau en
1817, son fils Jules Wogue et son cousin Fernand Lévy-Wogue
donnèrent à la philosophie de nouveaux débouchés.
Il faut cité également entre autres: Nathan
Salomon, qui après son départ de Fontainebleau,
fut l'architecte de la Synagogue de Marseille, le Sculpteur
Samuel Adam-Salomon, le porcelainier Jacob Petit qui offrit
une Hanoukia en porcelaine de Sèvres lors de l'inauguration
de la synagogue, Jacques Javal, cousin du député
de l'Yonne Léopold Javal, l'astronome Herman Goldschmidt,
Michel Ephrussi, etc... Tous les Grands Rabbins de France
ou de Paris vinrent villégiaturer à Fontainebleau:
Salomon Ullman, Lazare Isidore, Aristide Astruc, Alfred
Lévy, Maurice Liber et le Grand Rabbin Zadock Kahn
s'y installa le temps de la &laqno;Commune de Paris»
. Pour différentes raisons des personnalités
juives du monde littéraire ou artistique firent des
séjours à Fontainebleau: Adolphe Franck, Henri
Stein, Camille Bloch, Eugène Manuel, Ernest Levy-Alvares,
Salomon Munk, Edmond Borchard, Isidore Cahen, Eugène
Klotz, Victor St Paul, les Poliakoff, Joseph Reinach, Charles
Lyon-Cahen, Maurice Marx, Porto-Riche, les Dolly Sisters,
Louis Ratisbonne, Paul Dukas, Georges Huisman et sa femme
Marcelle Wogue, Charles Alcan, Rosa Bonheur, les frères
Alexandre, Thadée et Alfred Natanson, Mecislas Golberg,
Oscar Milosz, Alexandre Weil, Marcel Proust, Daniel Halévy,
Roger Marx, Arthur Meyer, Victor Lyon, Marcel Schwob et
son épouse Marguerite Moréno, Emmanuel Berl,
Joseph Kessel, Pierre Lazareff .....
C'est en
1805 que le nom de Baruch Weil apparaît comme fabricant
de Porcelaine, au 101 rue du Temple, à Paris. Baruch
Weil eut également un dépôt de Porcelaine
rue Chapon, dans la &laqno;Section de la Réunion".
De 1809 à 1815, le dépôt de Porcelaine
était au 23 rue Boucherat puis à partir de
1816, au 16 rue de Bondy, c'est à cette adresse qu'il
meurt le 8 avril 1828.A partir du Premier Empire le quartier
de la Rue de Bondy sera celui des industries parisiennes
et un peu de la banque.
Sous la Restauration
Baruch Weil est breveté par Louis XVIII et comptera
parmi ses clients: la Dauphine et la Duchesse de Berry.
Juste un an avant sa mort il reçut la Croix de Chevalier
de la Légion d'Honneur des mains de Charles X lors
de l'exposition de 1827 où il exposait deux grands
vases "recouverts d'un bleu il de Sèvres",
un déjeuner à fond chamois et d'autres pièces.
Baruch Weil occupait alors dans sa manufacture 84 ouvriers
et ses prix étaient relativement modérés.
Après
le décès de Baruch Weil en 1828, la succession
de celui-ci fut fort difficile car elle contenait un inventaire
très important à diviser entre les nombreux
enfants issus de ses deux mariages. Il y avait la Manufacture
de Fontainebleau, le dépôt de "Blanc",
de la rue de Bondy, un magasin de Porcelaine décorées;
passage de l'Opéra. Merline Weil et son mari, Benoit
Cohen, rachetèrent le magasin de la rue de Bondy
le 9 janvier 1829 pour la somme de 12.550 francs. Benoit
Cohen s'associa avec son beau-frère Godechaux Baruch
Weil et Cerf Weil, leur oncle, pour exploiter ce magasin.
Suite à de nombreux différents familiaux Godechaux
Baruch et Cerf Weil créèrent une manufacture
parallèle également dans la rue de Bondy.
Le 8 avril 1833 manufacture de Fontainebleau fut adjugée
pour 30.00 francs à François Lheureux, entrepreneurs
de bâtiments. Jacob Petit exploita la fabrique de
Porcelaine dans un autre endroit de Fontainebleau et vendait
ses porcelaines dans un magasin dans la Rue de Bondy.
Michel Beer
fit une description de Baruch Weil en ces termes:
"...
Quant à Baruch Weil, il a assurément toute
la morgue d'un parvenu, sans éducation, mais il est
entièrement irréprochable comme négociant
et comme homme privé, et si sa piété
est très peu éclairée, elle est du
moins sincère. Le Consistoire départemental
de Paris sera renouvelé comme le Consistoire Central
mais directement par des notables. Je conseille à
ceux de Paris, si, comme cela est probable, un de ses membres
actuels est porté au Consistoire Central, et l'autre
réélu, de le remplacer, car nul doute que
MM Halphen et B. Weil, doivent être réélus
au Consistoire départemental...."
Avec sa position
sociale, Baruch Weil est éligible au Collège
des Notables israélites de Paris. Apparemment il
ne souhaita pas participer à l'Assemblée de
Notables qui se tint en 1806, pas plus qu'il ne voulut siéger
dans les rangs du Grand Sanhédrin convoqué
par Napoléon 1er. Par contre il participa activement
à la création des Consistoires de Paris et
Central, dès 1809 il fut élu au Consistoire
de Paris et participa à l'administration de plusieurs
oeuvres de bienfaisance.
En 1809 Baruch
Weil est nommé receveur du Temple de la Rue du Cimetière
Saint André des Arts. La rue du Cimetière
Saint-André-des-Arts se trouvait entre l'actuelle
rue de l'Eperon et la place Saint André des Arts.
D'après un document, il aurait été
également péritomiste.
Il est receveur
(trésorier) au Comité de Bienfaisance en 1809
où il est l'un des premiers souscripteurs. En 1818,
il est élu Président de ce Comité mais
il en démission en 1820. Il s'intéressa à
la Société d'encouragement et de secours pour
assister les indigents israélites, il en fut nommé
"receveur" le 24 octobre 1809. Baruch Weil se
pencha aussi sur les possibilités d'intégration
et d'ascension sociale de la Jeunesse juive à Paris,
il était l'un des bienfaiteurs de l'Ecole de Garçons
en 1819-1820 ainsi que du Comité de cette école
créée en 1819.
N'est il
pas de meilleur hommage que lorsque le Chevalier Abraham
de Cologna, Grand Rabbin du Consistoire, composa une ode
hébraïque à l'occasion de l'inauguration
du nouveau temple israélite de Paris, célébrée
le 12 adar 5582 (5 mars 1822), il rendit alors grâce
à: MM. Seligman Michel Grand Rabbin, le Chevalier
Worms de Romilly, B. Rodriguès, S. Halphen et Baruch
Weil, membres composant le Consistoire Israélite
de la Circonscription de Paris.
Madame Régine
de Plinval de Guillebon, dans son livre: "Porcelaine
de Paris, 1770-1850" corrige quelques données
biographiques erronées sur Baruch Weil. Elle précise
notamment: "Tout d'abord, s'il ressort de divers actes
notariés que Schmolle et Baruch Weil avaient un lien
de parenté, on peut affirmé que Baruch Weil
n'était pas le gendre d'Aaron Schmolle, car les femmes
qu'il avait épousé s'appelait l'une Hélène
Schoulbach et l'autre Marguerite Nathan. La famille Benjamin-
dont Jacob Benjamin et son beau-frère Aaron Schmolle
- avait acquis, en l'an IV, l'ex-manufacture privilégiée
du Faubourg Saint Denis et l'avait en fait, en l'an VI,
revendue à Schoelcher. A cette époque la famille
Benjamin était domiciliée à Paris.
De 1801 à 1804, Benjamin est cité dans l'Almanac
du Commerce avec la mention fabricant à Fontainebleau
et une adresse à Paris. 187 rue Chapon. C'est en
1805 que nous verrons apparaître le nom de Baruch
Weil, fabricant de Porcelaine, et 101 rue du Temple, à
Paris".
Baruch Weil
avait également un dépôt de Porcelaine
rue Chapon, dans la Section de la Réunion. Il s'installa
ensuite rue du Temple qui est la continuation de la rue
Sainte Avoye puis au 23 rue Boucherat. Madame De Plinval
précise: "De 1809 à 1815, le dépôt
était 23 rue Boucherat, puis à partir de 1816,
rue de Bondy, et c'est à cette dernière adresse
que Baruch Weil mourut le 8 avril 1828". La rue de
Bondy se trouvait dans la "Section Bondy", ancien
6ème arrondissement, elle part de la République
en passant derrière le Théâtre de la
Porte St Martin pour rejoindre la Porte Saint Martin, c'est
aujourd'hui la rue René Boulanger. A partir du Premier
Empire, ce quartier sera celui des industries parisiennes
et l'on y retrouvera une grande partie des industriels ou
financiers juifs notamment Cerfbeer ou Worms de Romilly.
Sous la Restauration,
Baruch Weil fut breveté par Louis XVIII et compta
parmi ses clients: La Dauphine et la Duchesse de Berry.
Juste un an avant sa mort, il reçut la Légion
d'Honneur des mains de Charles X lors de l'exposition de
1827 où il exposait deux grands vases "recouverts
d'un bleu oeil de Sèvres", un déjeuner
à fond chamois et d'autres pièces.