L’emblème
choisi pour l’Etat est le signe le plus répandu
de l’iconographie juive, le
chandelier à sept branches ou ménorah.
Une description minutieuse de ce chandelier en or, qui
ornait la face sud du Sanctuaire de la Tente du Rendez-Vous
et du Temple de Jérusalem, est donnée
dans l’Exode. Il est manifeste que cet objet évoque
un arbre, un amandier ou un palmier. En fait le modèle
serait un arbuste du type sauge qui pousserait sur le
mont du Temple à Jérusalem. Le mot ménorah
évoquerait la lumière, mais aussi la chaleur.
Prenant racine soit dans la Terre, soit dans le Ciel
par ses branches, l’arbre-chandelier faciliterait
une forme de communication entre le haut et le bas.
Les Kabalistes voyaient un Arbre de Vie dans ce symbole
cosmique.
La
menorah est pour le Peuple juif le Symbole de la lutte
pour son indépendance, de sa victoire contre
l'oppression étrangère et un symbole de
continuité entre le passé et le présent.
Le
drapeau frappé de l’étoile
de David (ou sceau de Salomon) avec
ses rayures bleu sur fond blanc est aussi le résultat
de choix faits il y a plus d’un siècle.
Herzl rêvait d’un drapeau blanc rappelant
la pureté du projet sioniste avec sept étoiles
dorées, le chiffre sept étant en relation
avec le projet visionnaire d’un nombre d’heures
travaillées par jour, souhaité pour Erets
Yitsrael !
La
Magen David,
la couleur bleue sur fond blanc proviennent d’un
poème de 1860 (Frankl) où le blanc est
comparé à la radiance de la foi et le
bleu à la profondeur du firmament.
Le
drapeau dans sa forme actuelle a été hissé
pour la première fois à Rishon Létsion
en 1885, les auteurs s’inspirant d’un "
tallit ", le châle de prière.
L’hexagramme
est un symbole universel provenant des profondeurs du
temps. Il pourrait représenter aussi bien l’antagonisme
feu-eau qu'une alliance entre le Haut et le Bas. Il
pourrait représenter aussi la plénitude
du chiffre sept, six sommets à l’image
des six jours de la création, s'ajoutant au centre
qui est l’image du repos du shabat. La Bible fait
allusion à une étoile dessinée
sur les boucliers des soldats de David, peut-être
comme moyen de reconnaissance. Pendant longtemps dans
le judaïsme, l'hexagramme est resté discret,
car il était considéré comme un
dessin magique protecteur, porté sur des amulettes.
Ce n’est qu’au 16ème siècle,
après l’expulsion d’Espagne et sa
diffusion de l’imprimerie, que ce signe commença
à désigner le judaïsme, au même
titre que la croix désigne le christianisme.
La
couleur bleue, appelée " tekhelet "
en hébreu, suggère une certaine perfection
ainsi que la profondeur des confins de l’univers.
Dans l’association bleu-blanc, le bleu fait ressortir
la blancheur du blanc qui représente à
la fois une confusion des couleurs et, de ce fait, une
certaine vacuité devant être remplie par
la sainteté
Hatikva
Aussi
longtemps qu'en nos coeurs,
Vibrera l'âme juive,
Et tournée vers l'Orient
Aspirera à Sion
Notre espoir n'est pas vain,
Espérance bimillénaire,
D'être un peuple libre sur notre terre,
Le Pays de Sion et Jérusalem.
Ecoutez
l'Hatikva enregistrée à Paris
lors de la
manifestation "Israel je t'aime"
Cet
hymne fut composé pour la première
fois par Naphtali Herz Imber en 1878 à Jassy
en Moldavie, sur un air folklorique moldave, inspiré
semble-t-il par la nouvelle de la fondation de la
cité de Petah' Tiqwah en Palestine. Remanié
à plusieurs reprises, l'hymne n'a pris sa
forme définitive qu'à la création
de l'Etat d'Israël en 1948, bien qu'il fut
entonné à tous les congrès
sionistes et qu'il fut officiellement accepté
lors du 18ème congrès de Prague en
1933, en même temps que le drapeau. Cet hymne
suggère une volonté affirmée,
mêlée à de la tendresse.
le
nom : ISRAEL
Lors
de sa création en 1948, l’Etat d’Israël
devait choisir de plus un nom et un emblème.
Pour
le nom, il y eut un vote des membres de l'Assemblée
constituante qui devaient décider entre divers
noms proposés, tels que Judée, Sion, nouvelle
Judée, nouvelle Palestine, Israël…Palestine
rappelait trop les Philistins. Quoique hébraïque,
Sion était un nom poétique ou métaphorique
représentant un idéal plutôt qu'une
entité politique; c'est en fait l'image du retour
de la colombe à son colombier, Jérusalem!
Le
choix du nom "Israël" n'était
pas évident. En effet, si on devait se rattacher
à l’histoire, il fallait choisir le nom
de "Judée". Rappelons que pendant quelques
siècles, il y eut deux royaumes en terre sainte,
Israël et Juda. Israël disparut avec les dix
tribus du nord et se dispersa parmi les nations, en
perdant sa spécificité hébraïque.
Seul survécut le royaume de Juda, englobant les
tribus de Juda et de Benjamin, avec une partie des tribus
de Lévi et de Shiméo'n, ancêtres
du judaïsme actuel. En toute logique, l’Etat
juif aurait dû se dénommer Judée
ou Yéhoudah, fils aîné de Jacob-Yitsrael.
Les
deux noms Juda et Israël ont en fait des connotations
différentes.
Bien
qu’ayant été dispersé à
deux reprises après les destructions successives
des deux Temples de Jérusalem (celui de Salomon
et celui d’Hérode), Juda représente
le peuple hébreu transformé en nation
autonome avec des lois et des règles ayant duré
plus de dix siècles. Sur le plan symbolique,
Juda/Yéhoudah est la réverbération
du divin sur terre (hod yah).
Bien
qu’éphémère en tant que nation,
le territoire et le peuple "Israël" portent
le nom du patriarche Jacob, père de Juda. Jacob-Israël
a toujours lutté, d’abord pour épouser
la femme qu’il aimait, Rachel, ensuite pour obtenir
la bénédiction de son père et enfin
pour gagner un statut reconnu. Il boîte au lever
du jour après s’être mesuré
à un être surnaturel et après avoir
changé de nom, Jacob devenant Israël. Il
représente l’universalité de la
nation hébraïque et le sens de son nom semble
déterminant.
Yitsrael
est celui qui assure la chaîne de la continuité
dans la voie du divin. Yitsrael est celui qui continue
l’œuvre divine de la création. Ainsi
le choix du nom Israël qui a été
fait, au détriment du mot Judée, a donné
au nouvel Etat une signification à la fois plus
large, plus universelle et plus dynamique.
Histoire
La
menorah à sept branches en or, il était
en relation exclusive avec le Tabernacle. Elle avait été
faite selon le modèle donné par Dieu à
Moïse au Sinaï. Elle pesait un talent, c’est-à-dire
environ 35 kg d’or. D’or étaient aussi
les sept lampes dont les prêtres s’occupaient
chaque matin et chaque soir.
Ellel fut placée devant le Sanctuaire un an après
la sortie d’Égypte. En prenaient soin les
Lévites, qui le recouvraient d’un drap
de couleur pourpre et d’une housse en cuir fin,
quand ils étaient en route (Nb 4,9-10).
Lorsque Nabuchodonosor prit Jérusalem en 587,
il emporta la Ménora à Babylone. Lorsque
Antiochus Épiphane profana le Temple en 169,
il la déroba, de sorte que Judas Maccabée,
quelques années après, dut en mettre une
autre.
Lorsque
Titus prit Jérusalem en 70 après le Christ,
il l’enleva et l’emporta à Rome en
signe de sa victoire.
Aujourd’hui
encore elle est reproduite sur l’Arc de triomphe
de Titus à Rome. Vespasien la déposa dans
le Temple de la Paix. Une tradition rapporte que Maxence
la fit jeter dans le Tibre et que Constantin l’en
retira et l’entreposa dans le palais impérial,
puis qu’en 455 Genséric l’emporta
à Carthage; d’où Bélisaire
en 534 la transporta à Constantinople, et qu’enfin
Justinien la rapporta à Jérusalem. Depuis
lors on n’en a plus trace.