Le
14 mai 1948, l'Etat d'Israël proclama son indépendance.
Moins de 24 heures plus tard, les armées régulières
d'Egypte, de la Jordanie, de la Syrie, du Liban et de l'Irak envahissaient
le pays, contraignant Israël à défendre la souveraineté
qu'il venait de recouvrer dans sa patrie ancestrale.
Pendant
ce qu'on appela plus tard la guerre d'Indépendance, les Forces
de défense d'Israël à peine formées, pauvrement
équipées, repoussèrent les envahisseurs au
cours de violents combats qui devaient durer quinze mois et qui
coûtèrent la vie à plus de 6 000 Israéliens
(près d'un pour cent de la population juive du pays à
l'époque).
Durant
les premiers mois de 1949, des négociations directes menées
sous les auspices de l'ONU entre Israël et chacun des pays
agresseurs (à l'exception de l'Irak qui refusa de négocier
avec Israël) conduisirent à des accords d'armistice
reflétant la situation qui prévalait à la fin
des combats.
De
ce fait, la plaine côtière, la Galilée et tout
le Néguev se trouvèrent sous souveraineté israélienne,
tandis que la Judée et la Samarie passaient sous contrôle
jordanien et la bande de Gaza sous administration égyptienne
; la ville de Jérusalem fut divisée, la Jordanie contrôlant
la partie orientale, y compris la Vieille Ville, et Israël
le secteur occidental.
L'édification
de l'Etat
David
Ben Gourion : un
homme de vision
Maabara
(centre d'intégration pour nouveaux immigrants) à
Beit Lid
Défilé
du premier anniversaire de l'Indépendance
L'édification
de l'Etat La guerre terminée, Israël consacra tous ses
efforts à l'édification de l'Etat pour lequel le peuple
avait dû livrer un combat si long et si pénible. La
première Knesset (Parlement) de 120 sièges entra en
fonction après des élections nationales (25 janvier
1949) auxquelles participèrent près de 85% des électeurs.
Deux des hommes qui avaient mené Israël à l'indépendance
accédèrent alors aux postes de direction du pays :
David Ben Gourion, chef de l'Agence juive, devint Premier ministre
et Chayim Weizmann, chef de l'Organisation sioniste mondiale, fut
élu président de l'Etat par la Knesset. Le 11 mai
1949, Israël devint le 59ème membre de l'Organisation
des Nations unies.En vertu du concept de rassemblement des exilés
qui est fondamentalement la véritable raison d'être
d'Israël, le pays ouvrit ses portes, confirmant le droit de
chaque Juif de venir vivre dans le pays et d'en acquérir
dès son arrivée, la citoyenneté. Durant les
quatre premiers mois de l'indépendance, environ 50 000 nouveaux
arrivants, principalement des rescapés de la Shoah, arrivèrent
dans le pays. Fin 1951, on comptait 687 000 arrivants, hommes, femmes
et enfants, dont plus de 300 000 réfugiés des pays
arabes, ce qui doubla la population juive du pays.
Les
difficultés économiques provoquées par la guerre
d'Indépendance et la nécessité de pourvoir
aux besoins d'une population en croissance aussi rapide, imposèrent
une politique d'austérité à l'intérieur
et le recours à une assistance financière de l'étranger.
L'aide du gouvernement des Etats-Unis, les prêts des banques
américaines, les contributions des juifs de la diaspora et
les réparations versées par l'Allemagne furent utilisés
à la construction de logements, à la mécanisation
de l'agriculture, à la création d'une flotte marchande
et d'une compagnie aérienne nationale, à l'exploitation
des minerais disponibles, au développement de l'industrie,
des routes, des télécommunications et des réseaux
électriques.Vers la fin de la première décennie,
la production industrielle avait doublé, de même que
le nombre des ouvriers, tandis que le volume des exportations industrielles
quadruplait. L'extension des surfaces cultivées permit de
parvenir à l'auto-suffisance pour tous les produits alimentaires
de base à l'exception de la viande et des céréales
; 20 000 hectares de terres en friche furent reboisés et
des arbres plantés le long de 800 kilomètres de routes.
Le système d'éducation, créé par la
communauté juive durant la période pré-étatique
et qui comprenait désormais le secteur arabe, fut largement
développé. L'école devint gratuite et obligatoire
pour tous les enfants de 5 à 14 ans (depuis 1978, elle est
obligatoire jusqu'à 16 ans et gratuite jusqu'à 18).
Les activités culturelles et artistiques se multiplièrent,
intégrant des éléments du Moyen Orient, d'Afrique
du Nord et de l'Occident du fait de l'arrivée de juifs venus
du monde entier qui apportaient avec eux les traditions propres
à leurs communautés ainsi que des aspects culturels
des pays où ils avaient vécu durant des générations.
Lorsqu'Israël célébra son 10e anniversaire, il
comptait une population de plus de deux millions d'habitants.
La
campagne du Sinai : 1956
Les
années de l'édification de l'Etat furent néanmoins
assombries par de graves problèmes de sécurité.
Non seulement les accords d'armistice de 1949 n'avaient pas débouché
sur une paix permanente, mais ils étaient constamment violés.
Contrairement
à la résolution du Conseil de sécurité
de l'ONU du 1er septembre 1951, les liaisons maritimes avec Israël
étaient entravées par l'interdiction faite aux navires
à destination ou en provenance d'Israël de traverser
le canal de Suez. Le blocus du détroit de Tiran fut renforcé
; des incursions en Israël, à partir des pays arabes
voisins, semant la mort et perpétrant des actes de sabotages
se multiplièrent ; et la péninsule du Sinaï devint
progressivement une immense base militaire égyptienne.
Avec
la signature de l'alliance militaire tripartite entre l'Egypte,
la Syrie et la Jordanie (octobre 1956), l'imminence de la menace
contre l'existence d'Israël se précisa. Au cours d'une
campagne de huit jours, Tsahal (l'armée israélienne)
conquit la bande de Gaza et toute la péninsule du Sinaï,
en s'arrêtant à 16 kilomètres à l'est
du canal de Suez. La décision des Nations unies d'envoyer
des forces d'urgence pour stationner le long de la frontière
israélo-égyptienne et les garanties fournies par l'Egypte
d'assurer la libre navigation dans le golfe d'Eilat conduisirent
Israël à accepter une évacuation par étapes
(de novembre 1956 à mars 1957) des territoires conquis par
Israël quelques semaines plus tôt. En conséquence,
le détroit de Tiran a été ouvert, permettant
le développement de relations commerciales avec les pays
d'Asie et d'Afrique, ainsi que l'importation de pétrole du
golfe Persique.
Années
de consolidation
Tronçon
en béton de la Conduite nationale d'eau (2,80 m de diamètre)
Le Musée
Israël Museum, à Jérusalem
Pendant
la deuxième décennie (1958-68), les exportations doublent
et le PNB augmente d'environ 10% par an. Israël produit désormais
un certain nombre d'articles jusqu'alors importés : papier,
pneus, radios et réfrigérateurs, mais c'est surtout
dans les nouvelles branches industrielles (métallurgie, mécanique,
chimie et électronique) qu'ont lieu les progrès les
plus rapides. Le marché intérieur de produits alimentaires
ayant atteint son point de saturation, l'agriculture se tourne désormais
vers des cultures destinées aux industries alimentaires et
à l'exportation. Pour répondre aux besoins du trafic
commercial accru, un nouveau port en eaux profondes est construit
sur la côte méditerranéenne à Ashdod,
s'ajoutant ainsi à celui de Haïfa.
A Jérusalem,
un bâtiment permanent est construit pour la Knesset ainsi
que de nouveaux locaux pour le Centre médical Hadassah et
l'Université de Jérusalem, remplaçant ceux
du mont Scopus abandonnés après la guerre d'Indépendance.
Vers la même époque, le Musée Israël est
créé afin de rassembler, conserver, étudier
et exposer les trésors artistiques et culturels du peuple
juif.
Les
relations extérieures se développent régulièrement
et des liens étroits sont noués avec les Etats-Unis,
les pays du Commonwealth, la plupart des pays européens,
presque tous les pays d'Afrique et d'Amérique latine et certains
d'Asie. D'importants programmes de coopération internationale
sont lancés et des centaines de médecins, ingénieurs,
professeurs, agronomes, experts en irrigation et instructeurs de
mouvements de jeunesse partagent leur savoir-faire et leur expérience
avec les peuples des pays en voie de développement. En 1965,
Israël et la République fédérale d'Allemagne
échangent des ambassadeurs, décision qui avait été
retardée en raison de l'amertume du peuple juif à
l'égard des crimes perpétrés par le régime
nazi (1933-45). Une opposition véhémente et de longs
débats publics précédèrent cette normalisation
des relations entre les deux pays.
Le
procès Eichman
En
mai 1960, Adolf Eichmann, l'organisateur principal du programme
nazi d'extermination des juifs durant la Deuxième Guerre
mondiale, est emmené en Israël pour être jugé
aux termes de la loi de 1950 sur le Châtiment des nazis et
de leurs collaborateurs.
Lors
de son procès, ouvert en avril 1961, Eichmann fut reconnu
coupable de crimes contre l'humanité et le peuple juif, et
condamné à mort.
Après
le rejet de son appel par la Cour suprême, il fut pendu le
30 mai 1962.
C'est
le seul cas où la peine de mort a été appliquée
en vertu de la loi israélienne.
La
Guerre de Six Jours, 1967
Parachutistes
au Mur occidental
Les
espoirs d'une décennie de relative tranquillité furent
balayés par l'intensification des raids terroristes arabes
lancés à partir des frontières avec l'Egypte
et la Jordanie, par les incessants bombardements d'artillerie des
villages du nord de la Galilée et par les préparatifs
militaires des Etats voisins.
Lorsqu'en
mai 1967, l'Egypte procéda à d'importants mouvements
de troupes dans le désert du Sinaï, exigea le départ
des forces de maintien de l'ordre de l'ONU qui s'y trouvaient depuis
1957, réimposa le blocus du détroit de Tiran et signa
une alliance militaire avec la Jordanie, Israël se retrouva
face à des armées arabes hostiles sur tous les fronts.
L'Egypte
violant les accords signés en 1956 après la campagne
du Sinaï, Israël usa de son droit de légitime défense
en déclenchant une attaque préventive (5 juin 1967)
contre l'Egypte au sud, suivie d'une contre-offensive à l'agression
jordanienne à l'est et de l'expulsion des forces syriennes
du plateau du Golan au nord.
Après six jours de combat, de nouvelles lignes de cessez-le-feu
remplacèrent les anciennes, la Judée, la Samarie,
la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza et le plateau
du Golan passant sous contrôle israélien.
Les
villages du nord du pays furent alors libérés de 19
années de menace des bombardements syriens ; la navigation
des navires israéliens par le détroit de Tiran était
désormais assurée et Jérusalem, divisée
entre Israël et la Jordanie depuis 1949, fut réunifiée
sous autorité israélienne.
D'une
Guerreà l'autre
Après
la guerre, Israël eut pour objectif diplomatique de transformer
sa victoire militaire en une paix durable fondée sur la résolution
242 du Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoyait
entre autres la reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité
territoriale et de l'indépendance politique de tous les Etats
de la région et leur droit à vivre en paix dans des
frontières sûres et reconnues, à l'abri des menaces
et du recours à la force. Mais la position arabe, formulée
lors de la Conférence au sommet de Khartoum (août 1967)
se résumait comme suit : pas de paix avec Israël, pas
de négociations avec Israël, pas de reconnaissance d'Israël.
En septembre 1968, l'Egypte déclencha une guerre d'usure consistant
en des opérations sporadiques sur les rives du canal de Suez,
et qui dégénéra en une véritable guerre
locale infligeant de lourdes pertes aux deux parties. Les hostilités
prirent fin en 1970 lorsque l'Egypte et Israël acceptèrent
un nouvel accord de cessez-le-feu le long du canal de Suez.
La
Guerre de Kippour, 1973
Trois
années de calme relatif prirent fin le jour de Kippour (jour
du Grand pardon, journée la plus sacrée du calendrier
hébraïque) lorsque l'Egypte et la Syrie lancèrent
une attaque surprise conjointe contre Israël (le 6 octobre 1973),
l'armée égyptienne traversant le canal de Suez et les
troupes syriennes envahissant le plateau du Golan. En trois semaines,
les Forces de défense d'Israël reprirent l'avantage, repoussèrent
l'ennemi, traversèrent le canal de Suez et avancèrent
jusqu'à 32 km de Damas, la capitale syrienne. Deux années
de difficiles négociations entre Israël et l'Egypte et
entre Israël et la Syrie aboutirent à des accords de désengagement
aux termes desquels Israël évacua une partie des territoires
conquis pendant la guerre.
Opération
en Galilée, 1982
Habitants
du nord d'Israël dans un abri
La
frontière internationale avec le Liban n'avait jamais été
remise en cause. Cependant, lorsque l'OLP (Organisation de libération
de la Palestine) se redéploya dans le sud du Liban après
avoir été expulsée de Jordanie (1970) et perpétra
à plusieurs reprises des actes terroristes contre les villes
et les villages du nord d'Israël (Galilée), causant
de nombreuses victimes et de graves dommages, Tsahal franchit la
frontière libanaise (1982).
L'opération
Paix pour la Galilée permit l'élimination de la majeure
partie de l'infrastructure militaire et administrative de l'OLP
dans la région. Les 18 années suivantes, Israël
a maintenu une petite zone de sécurité au sud-Liban
adjacente à sa frontière nord afin de préserver
les habitants de la Galilée des attaques continues d'éléments
hostiles.
Terrorisme
Attentat
terroriste à Jérusalem (le 19 juin 2002)
Le
terrorisme arabe et palestinien frappe Israël depuis des décennies,
avant et après l'indépendance de l'Etat. Plusieurs
milliers d'attentats terroristes se soldant par la mort de civils
israéliens et de nombreux blessés ont été
perpétrés au cours des deux décennies qui ont
précédé la guerre des Six jours. La création
de l'OLP en 1964 a propulsé cette organisation au premier
plan de cette campagne terroriste.
Dans
les années 1970 et 1980, les diverses organisations terroristes
placées sous l'égide de l'OLP ont lancé d'innombrables
attentats terroristes en Israël et à l'étranger.
L'un des plus tristement célèbres fut l'assassinat
des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich
en 1972.
Malgré
l'engagement pris en 1993 par les Palestiniens de renoncer au terrorisme,
en permettant ainsi le processus de paix israélo-palestinien,
les attentats terroristes ont continué et se sont considérablement
intensifiés depuis septembre 2000, tuant des centaines de
civils israéliens et en blessant plusieurs milliers.
De
la guerre à la paix avec l'Egypte
Le président
Sadate et le premier ministre Begin à Jérusalem,
1977
Le roi Hussein et
le premier ministre Rabin à Akaba, 1994
Les élections législatives de 1977 portèrent
au pouvoir le bloc du Likoud, coalition des partis libéral
et du centre, mettant fin à près de 30 ans de prédominance
travailliste. En prenant ses fonctions, le nouveau premier ministre,
M. Ménahem Bégin, confirma les engagements pris par
tous ses prédécesseurs d'oeuvrer pour une paix durable
dans la région et lança un appel aux dirigeants arabes
pour l'ouverture de négociations.
Le cycle des rejets par les Arabes de tous les appels à la
paix lancés par Israël fut rompu par la visite du président
égyptien Anouar Sadate à Jérusalem (novembre
1977), visite qui fut suivie par des négociations entre Israël
et l'Egypte sous les auspices américains. Ces négociations
aboutirent aux Accords de Camp David de septembre 1978, fournissant
le cadre d'un règlement de paix globale au Moyen Orient et
comprenant des propositions précises d'auto-détemination
pour les Palestiniens.
Le
26 mars 1979, Israël et l'Egypte signèrent un traité
de paix à Washington, mettant ainsi fin à 30 années
d'état de guerre entre les deux pays. Conformément
aux clauses de ce traité, Israël procéda au retrait
de la péninsule du Sinaï, transformant les anciennes
lignes de cessez-le-feu et d'armistice en frontières internationales
reconnues.
Après
la Conférence de paix de Madrid en 1991, trois années
de négociations entre la Jordanie et Israël aboutirent
à une déclaration du roi Hussein de Jordanie et du
premier ministre Yitzhak Rabin (juillet 1994) qui mirent fin à
46 années d'état de guerre entre les deux pays.
Le
traité de paix israélo-jordanien a été
signé à un poste de la frontière de la Arava,
(près d'Eilat en Israël et d'Akaba en Jordanie), le
26 octobre 1994, en présence du président américain
Bill Clinton.
Défis
intérieurs
Enfants immigrants
de l'ex-URSS avec une soldate de Tsahal
Au
cours des années 1980 et 1990, Israël a intégré
plus d'un million de nouveaux immigrants, principalement de l'ex-Union
Soviétique, d'Europe de l'Est et d'Ethiopie. L'afflux d'un
nombre si important de nouveaux consommateurs , tout comme l'arrivée
d'une main-d'oeuvre qualifiée ou non, stimula l'économie
et suscita une période de croissance accélérée.
Le gouvernement arrivé au pouvoir après les élections
législatives de 1984 était constitué des deux
principaux blocs politiques : Travaillistes (gauche/ centre) et Likoud
(droite/centre). Il a été remplacé en 1988 par
un gouvernement de coalition dirigé par le Likoud qui après
avoir achevé son mandat de quatre ans a laissé la place
à une coalition des Travaillistes et de petits partis de gauche
L'assassinat
du Premier Ministre de l'Etat d'Israël Yitzhak Rabin
L'assassinat,
le 4 novembre 1995, du premier ministre Yitzhak Rabin par un extrèmiste
juif a plongé le pays dans le deuil. Cet homme politique-soldat
avait renoncé à la guerre pour mener la nation sur la
voie de la paix. Après l'assassinat du premier ministre Yitzhak
Rabin, en 1995, de nouvelles élections ont été
organisées en 1996. Benjamin Netanyahu a été
porté au pouvoir par des élections directes du premier
ministre et a constitué une coalition dirigée par le
Likoud.
Moins
de trois ans plus tard, ce gouvernement a été renversé.
En 1999, Ehoud Barak, le dirigeant du parti Israël Ahad, (gauche/centre),
a été élu premier ministre et a constitué
une coalition gouvernementale ; il a démissionné en
décembre 2000. En février 2001, Ariel Sharon, le président
du Likoud, a été élu premier ministre et a formé
un gouvernement d'union nationale, incluant la majorité des
partis politiques. Chaque gouvernement a oeuvré pour la paix,
le développement économique et l'intégration
des immigrants en accord avec ses convictions politiques propres.
Le
Processus de Paix
Depuis
la signature du traité de paix Israël-Egypte (1979), diverses
initiatives ont été proposées par Israël
et d'autres pour poursuivre le processus de paix au Moyen Orient.
Ces efforts ont conduit à la Conférence de paix de Madrid
(octobre 1991), organisée sous le parrainage américain
et soviétique, avec la participation de représentants
d'Israël, de la Syrie, du Liban, de la Jordanie et des Palestiniens.
L'ouverture officielle a été suivie de négociations
bilatérales entre les parties et de conversations multilatérales
portant sur les affaires régionales.
Négociations
bilatérales : Israël
et les Palestiniens
Le président
Clinton avec le premier ministre Rabin et le président
de l'OLP Arafat.
Le président
Clinton avec le premier ministre Barak et le président
de l'OLP Arafat à Camp David
Israël
dans les frontières et lignes de cessez-le-feu
Carte
de la Judée et la Samarie, montrant les zones palestiennes
A&B
Après
des mois de contacts secrets intensifs à Oslo entre Israéliens
et membres de l'Organisation de libération de la Palestine
(OLP), une déclaration de principes a été
rédigée traçant les grandes lignes de l'autonomie
palestinienne en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza.
Sa signature, le 13 septembre 1993, avait été précédée
d'un échange de lettres entre Yasser Arafat, président
de l'OLP, et le premier ministre Yitzhak Rabin, dans
lesquelles l'OLP renonçait à l'usage du terrorisme,
s'engageait à amender les articles de sa Charte déniant
le droit d'Israël à l'existence et s'engageait à
rechercher une solution pacifique au conflit vieux de plusieurs
décennies. En réponse, Israël reconnaissait l'OLP
comme le représentant du peuple palestinien.
Cette
déclaration contenait une série de principes généraux
acceptés par les deux parties, concernant une période
intérimaire de cinq ans d'autonomie palestinienne, et le
cadre des diverses étapes des négociations israélo-palestiniennes.
Les accords sur l'autonomie palestinienne dans la bande
de Gaza et la région de Jéricho ont été
mis en oeuvre en mai 1994 ; le transfert des pouvoirs et des responsabilités
sur la Rive occidentale dans les domaines de l'éducation,
culture, santé, questions sociales, fiscalité directe
et tourisme fut effectué trois mois plus tard. La déclaration
de principes et d'autres accords entre Israël et les Palestiniens
ont abouti à la signature de l'accord intérimaire
israélo-palestinien de septembre 1995.
Cet
accord prévoyait un élargissement de l'autonomie palestinienne
en instaurant une autorité autonome, le Conseil palestinien,
élu en janvier 1996, et la poursuite du redéploiement
de Tsahal dans la Rive occidentale.
Cet
accord mettait également en place un mécanisme régissant
les relations israélo-palestiniennes devant conduire au statut
définitif. En vertu de l'Accord intérimaire, la Rive
occidentale a été divisée en trois types de
zones : Zone A - comprenant
les principales villes de la Rive occidentale : le Conseil palestinien
a la responsabilité pleine et entière pour les questions
de sécurité et d'ordre public ainsi que pour les affaires
intérieures. La ville de Hébron a fait l'objet d'accords
spéciaux prévus dans l'Accord intérimaire ;
le protocole concernant le redéploiement à Hébron
a été signé en janvier 1997.
Zone
B - comprenant les petites villes et les villages
de la Rive occidentale : le Conseil palestinien a la responsabilité
des affaires intérieures (comme dans la zone A) et du maintien
de l'ordre, tandis qu'Israël conserve la responsabilité
principale pour la sauvegarde de ses citoyens et la lutte contre
le terrorisme.
Zone
C - comprenant toutes les localités juives,
zones d'importance stratégique pour Israël et de vastes
régions de la Rive occidentale en majeure partie non peuplées
: responsabilité israélienne pleine et entière
pour la sécurité et l'ordre public, ainsi que responsabilité
civile concernant le territoire (planification et zonage, archéologie,
etc.). Le Conseil palestinien assume la responsabilité de
la population palestinienne pour tous les autres domaines civils.
Le
calendrier de l'application des phases ultérieures de redéploiement,
tel qu'il était spécifié dans l'Accord intérimaire
a été révisé à plusieurs occasions
d'un commun accord par les deux parties, notamment dans le Mémorandum
de Wye River d'octobre 1998. Conformément à ces révisions,
Israël a achevé la première et seconde phase
du processus de redéploiement en mars 2000. Le troisième
et ultime redéploiement fait toujours l'objet de négociations.
Par suite des redéploiements, plus de 18% de la Rive occidentale
sont actuellement dans la zone A et plus de 21% dans la zone B,
98% de la population palestinienne de la Rive occidentale se trouvant
sous autorité palestinienne.
Les négociations sur le statut définitif entre les
parties pour déterminer la nature du règlement permanent
entre Israël et l'entité palestinienne ont commencé
comme prévu en mai 1996. Les attentats-suicides perpétrés
par des terroristes du Hamas à Jérusalem et à
Tel Aviv en 1996 ont assombri les perspectives de paix pour Israël.
Il s'en est suivi une interruption de trois ans et les négociations
sur le statut définitif n'ont repris qu'après le Mémorandum
de Sharm-el-Sheikh, en septembre 1999. Ces discussions devraient
déterminer la nature du règlement permanent concernant
les autres questions telles que : les réfugiés, les
localités de peuplement, la sécurité, les frontières,
Jérusalem, etc. A l'invitation du président Clinton,
le premier ministre Barak et le président de l'Autorité
palestinienne Arafat ont assisté à un sommet à
Camp David en juillet 2000 pour reprendre les négociations.
Le sommet s'est terminé sans qu'on parvienne à un
accord. Une déclaration trilatérale a cependant été
publiée définissant les principes agréés
qui régiront les négociations ultérieures.En
septembre 2000, les Palestiniens ont lancé une campagne de
terrorisme et de violence aveugles, provoquant de lourdes pertes
en vies humaines ainsi que des souffrances des deux côtés.
Les innombrables efforts investis pour mettre fin à l'affrontement
violent et pour renouveler le processus de paix ont échoué
par suite de l'escalade du terrorisme palestinien soutenu par l'Autorité
palestinienne. Israël a accepté la conception exposée
par le président Bush dans son discours du 24 juin 2002,
selon laquelle la fin du terrorisme palestinien doit permettre un
règlement définitif de toutes les questions en suspens
et l'instauration de la paix.
Négociations
bilatérales : Israël
et la Syrie
S'inspirant
de la formule de Madrid, les négociations entre les délégations
israéliennes et syriennes, commencées à Washington,
se sont tenues à intervalles espacés au niveau des
ambassadeurs, avec la participation de hauts fonctionnaires américains.
Deux sessions de négociations israélo-syriennes (décembre
1995 et janvier 1996) mirent l'accent sur la sécurité
et d'autres questions cruciales. Extrêmement précises
et abordant tous les sujets, les négociations ont permis
de déceler d'importants points d'accords de principe et une
volonté de poursuivre ultérieurement les débats.
Après un arrêt de plus de trois ans, les négociations
entre Israël et la Syrie ont repris en janvier 2000 à
Shepherdstown, aux Etats-Unis. Ces négociations n'ont cependant
pas suscité une percée, pas plus que la rencontre
à Genève entre les présidents Clinton et Assad
(en mars 2000) n'a conduit à une reprise des discussions.
Les négociations sont pour l'instant suspendues.
Malheureusement,
le Liban doit encore se conformer à cette résolution
425 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Négociations
bilatérales : Israël
et le Liban
le
23 mai 2000, Israël a achevé le retrait de toutes ses
forces militaires de la zone de sécurité du Sud-Liban,
conformément à la décision du gouvernement d'appliquer
la résolution 425 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Négociations
multilatérales
Les
négociations multilatérales, faisant partie intégrante
du processus de paix, ont pour objectif de trouver des solutions à
d'importants problèmes régionaux tout en instaurant
une confiance propre au développement de relations normalisées
entre les nations du Moyen Orient. Après la Conférence
multilatérale de Moscou sur le Moyen Orient (janvier 1992)
à laquelle participaient 36 pays et des organisations internationales,
les délégations se sont scindées en cinq groupes
de travail, chacun ayant pour thème un intérêt
régional commun : environnement, contrôle des armements
et sécurité régionale, réfugiés,
ressources en eau et développement économique. Ils se
rencontrent au cours de divers forums organisés dans la région.
Un comité directeur, composé de représentants
des principales délégations et présidé
par les Etats-Unis et la Russie, coordonne les négociations
multilatérales. Sa dernière réunion s'est déroulée
à Moscou du 31 janvier au 1er février 2000.Depuis l'explosion
des violences palestiniennes (septembre 2000), la plupart des activités
dans le cadre multilatéral ont été gelées.
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