Histoire
(Edition 2003) - La
Période du Second Temple
Le
Second Retour : la période perse et hellénistique
(538-142 av)
Assuérus-Xerxès,
l'un des grands rois perses, représenté
en relief sur les murs d'un palais de Persépolis
Par
suite d'un décret de Cyrus, roi de Perse et conquérant
de l'empire de Babylonie (538 av.) près de 50 000 juifs,
sous la direction de Zorobabel, descendant de la Maison de David,
prirent le chemin du retour dans leur pays. Moins d'un siècle
plus tard, le Second Retour fut conduit par Ezra le Scribe.
Pendant les quatre siècles suivants, les juifs connurent
divers degrés d'autonomie sous la domination perse (538-333
av.) puis hellénistique (Lagides et Séleucides)
de 332 à 142 avant l'ère chrétienne.
Le rapatriement
des juifs sous la direction inspirée d'Ezra, la construction
du Second Temple, la fortification des murailles de Jérusalem
et la constitution de l'organisme juridique et religieux suprême,
la Knesset Haguedola (la Grande Assemblée) marquèrent
les débuts de l'ère du Second Etat juif (période
du Second Temple). Au sein de l'Empire perse, la Judée
était une nation dont la direction était confiée
au grand-prêtre et au Conseil des anciens à Jérusalem.
Faisant
partie de l'ancien monde conquis par Alexandre le Grand (332
av.) de Macédoine, le Pays demeurait une théocratie
juive sous contrôle des gouvernants séleucides
au pouvoir en Syrie. Leur tentative d'imposer la culture et
des coutumes d'inspiration grecque à l'ensemble de
la population, en interdisant aux juifs de pratiquer le judaïsme
et profanant le Temple, déclencha un soulèvement
(166 av.).
La
dynastie asmonéene (142-63 av)
Maquette
d'un navire de guerre asmonéen,
1er siècle av. Avec l'autorisation du musée maritime national
de Haïfa
D'abord
menés par Mattathias de la dynastie sacerdotale des
Asmonéens, puis par son fils Judah, dit le Maccabée,
les juifs pénétrèrent dans Jérusalem
et purifièrent le Temple (164 av.). Ces événements
sont commémorés chaque année lors de
la fête de Hanouka.
Par
suite des victoires asmonéennes (147 av.), les Séleucides
rétablirent l'autonomie de la Judée, comme on
appelait alors le Pays d'Israël, et lors de l'effondrement
du royaume séleucide (129 av.), le pays obtint à
nouveau une indépendance complète. Sous la dynastie
asmonéenne qui dura environ 80 ans, le royaume récupéra
des frontières presque semblables à celles du
royaume de Salomon. Le pouvoir politique fut consolidé
et la vie juive connut un nouvel essor.
Sous
la domination romaine (63 av - 313 ap)
La
Temple hérodien d'après
la maquette du Second Temple de Jérusalem
Lorsque
les Romains, devenus la grande puissance de la région,
succédèrent aux Séleucides, ils
accordèrent au roi asmonéen régnant,
Hyrcan II, une autorité limitée, sous
le contrôle du gouverneur romain de Damas. Les
juifs, hostiles au nouveau régime, multiplièrent
les insurrections au cours des années suivantes.
C'est Mattathias Antigone qui fit la dernière
tentative de restaurer la gloire de la dynastie asmonéenne.
Sa défaite et sa mort mirent fin au régime
des Asmonéens (40 av.) et le pays devint une
province de l'Empire romain.
En 37 av., Hérode, gendre d'Hyrcan II, fut nommé
roi de Judée par les Romains. Jouissant d'une
autonomie quasi illimitée pour les affaires intérieures
du pays, il devint l'un des monarques les plus puissants
de la partie orientale de l'Empire romain. Grand admirateur
de la culture gréco-romaine, Hérode lança
un vaste programme de construction comprenant les villes
de Césarée et Sébastia et les forteresses
d'Hérodion et de Massada. Il restaura également
le Temple et en fit l'un des édifices les plus
magnifiques de l'époque. Mais en dépit
de toutes ses réalisations, Hérode ne
parvint pas à gagner la confiance et le soutien
de ses sujets juifs.
Dix ans après la mort d'Hérode (4 av.),
la Judée passa sous administration romaine directe.
La colère croissante contre la suppression systématique
de la vie juive dégénéra en violences
sporadiques qui culminèrent dans une révolte
de grande envergure en l'an 66 de l'ère chrétienne.
Des forces romaines supérieures menées
par Titus finirent par l'emporter, rasant Jérusalem
(an 70) et réduisant le dernier bastion de Massada
(an 73).
Monnaie
émise par les Romains après la destruction
de Jérusalem en l'an 70,
portant l'inscription IVDAEA
CAPTA (Judée conquise)
MASSADA
Près
de 1 000 hommes, femmes et enfants juifs qui avaient survécu
à la destruction de Jérusalem, occupèrent
et fortifièrent le palais du roi Hérode situé
au sommet d'une montagne près de la mer Morte. Pendant
trois ans, ils résistèrent aux assauts répétés
des Romains pour les déloger. Lorsque les Romains finirent
par percer une brèche et pénétrer à
l'intérieur, ils découvrirent que les défenseurs
et leurs familles avaient préféré se donner
la mort plutôt que d'être réduits en esclavage.
Destruction
du second Temple
Tétradrachme
de l'an III de la révolte de Bar Kokhba, au
IIe siècle, portant l'inscription
Simon/pour la liberté de Jérusalem.
La
destruction totale de Jérusalem et du second Temple
fut une catastrophe pour le peuple juif. Selon l'historien
de l'époque Flavius Josèphe, des centaines de
milliers de juifs périrent durant le siège de
Jérusalem et ailleurs dans le pays, et plusieurs milliers
furent réduits en esclavage.
Le
chef d'une dernière révolte, Shimon Bar Kokhba
(132) réussit à restaurer brièvement
la souveraineté juive et à reconquérir
Jérusalem et la Judée. Mais étant donné
l'écrasante puissance des Romains, le résultat
était inévitable. Trois ans plus tard, conformément
à la coutume romaine, Jérusalem fut rasée
et son sol labouré par une charrue tirée par
un boeuf . La Judée est désormais appelée
Palaestina et Jérusalem Aelia Capitolina.
Le
Temple détruit et Jérusalem réduite en
cendres, les juifs survécurent à l'affrontement
avec Rome. Le corps législatif et judiciaire suprême,
le Sanhédrin (successeur de la Knesset HaGuedola) se
réunit à Yavné (70) et plus tard à
Tibériade. Privé du cadre unificateur de l'Etat
et du Temple, la petite communauté juive demeurant
dans le pays se rétablit progressivement, épisodiquement
renforcée par le retour des exilés. Les institutions
et la vie communautaire furent restaurées, les prêtres
cédant la place aux rabbins et la synagogue devenant
le foyer central des communautés juives, comme en témoignent
les vestiges de synagogues retrouvés à Capharnaüm,
Korazin, Bar'am, Gamla et ailleurs. La Halakhah (droit religieux)
devint le lien unissant les juifs et se transmit de génération
en génération.
La
Halakha
Synagogue
du VIe siècle à Katzrin
B. Gian
La
Halakhah est l'ensemble des lois réglant la vie juive
depuis les temps post-bibliques dans le monde entier. Elle
détermine les obligations religieuses des juifs, aussi
bien dans leurs relations personnelles que dans le domaine
rituel et couvre pratiquement tous les aspects du comportement
humain : naissance et mariage, joie et deuil, agriculture
et commerce, morale et théologie.
Enracinée dans la Bible, l'autorité de la Halakhah
se fonde sur le Talmud, ensemble de lois et de savoir juifs
(achevé vers 400), comprenant la Mishna, première
compilation écrite de la Loi orale (codifiée
vers 210) et la Guemara, commentaire de la Mishna. Pour permettre
aux juifs de se retrouver dans l'immensité de la Halakhah
des résumés succincts et pratiques ont été
composés par des sages dès les premiers siècles
de l'ère chrétienne. Parmi les codes qui jouissent
de la plus grande autorité, il faut citer le Choulkhan
Aroukh, rédigé par Joseph Caro à Safed
(Tzfat) au XVIe siècle.
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