| En
misant sur le tout high-tech, les businessmen israéliens
ont sorti leur pays de la crise. Et ils l'ont éloigné
un peu plus de ses voisins arabes.
Un nouveau mur
se construit entre Israël et ses voisins. Moins spectaculaire
que la barrière de béton censée arrêter
les terroristes, il pourrait pourtant se révéler
bien plus infranchissable. Ce mur n'a ni miradors, ni mitrailleuses
: il est économique, scientifique et technologique.
Tournant le dos
à un monde arabe enfermé dans un tragique retard,
Israël, cet Etat qui fut imaginé longtemps avant
que d'être, s'est inventé un nouveau rêve
: devenir au xxie siècle un des tout premiers centres
mondiaux de la haute technologie, sorte d'hybride de la Silicon
Valley et de Singapour. Pour y parvenir, l'Etat hébreu
a décidé de bâtir une économie
ultramoderne, ultralibérale, tournée vers le
grand large et globalisée, capable d'assurer sa réussite
sans rien devoir à son environnement hostile. «
Chaque année, l'écart technologique se creuse
avec le monde arabe, et cette tendance devient exponentielle
», constate le banquier Stéphane Boujnah.
Israël est
en passe de gagner ce nouveau pari, réussissant encore
une fois à transformer ses faiblesses géographiques
et historiques en ressources et en forces. Ici, la nécessité
fait loi, la contrainte est un moteur, et c'est parce qu'il
n'y a presque rien qu'on veut tout inventer. Ainsi, puisqu'il
lui fallut, dès le premier jour, se défendre
les armes à la main, Israël s'est doté
d'une armée ultramoderne.
Ne pouvant mobiliser
que de faibles contingents de soldats, Tsahal (1), avec l'aide
de la France, puis celle des Etats-Unis, est devenue une des
armées les plus high-tech du monde. Dans les laboratoires
et les bureaux d'études de la défense israélienne
sont mis au point des systèmes si sophistiqués
qu'ils ramènent au rang de jouets grossiers les gadgets
de James Bond. Les drones, ces petits avions sans pilote qui
ont révolutionné la guerre moderne, dopent les
exportations militaires. Un savoir-faire qui rejaillit dans
le civil. « La moitié de nos exportations industrielles
- hors militaires - proviennent de la haute technologie, et
nous consacrons 4 % du PIB à la recherche »,
souligne Shraga Brosh, le résident de l'Association
des industriels.
Les paysages de
Galilée rappellent parfois la Toscane avec ses collines
arrondies, ses oliviers et quelques cyprès. Mais il
y manque l'élégance des villas patriciennes
et l'opulence des cités-Etats. Seuls alternent les
villages arabes poussiéreux, les cubes blancs des villes
nouvelles israéliennes dressées comme des châteaux
forts et les pôles de haute technologie. Sur la route
qui s'enfonce au coeur de cette Galilée millénaire,
on croise parfois, image immuable, un Bédouin poussant
ses chèvres sur un sol ocre et rocailleux. Mais, quelques
kilomètres plus loin, le centre de Yoqneam, entre Haïfa
et Nazareth, évoque plus la Californie high-tech qu'un
paysage biblique. Les collines sont hérissées
de petits buildings de verre et d'acier qui affichent les
sigles de quelques-unes des entreprises les plus performantes
d'Israël. Et l'élégante secrétaire
qui
nous accueille au siège de la société
Given Imaging parle un anglais appris à Berkeley.
Ici, on fabrique
une capsule de science-fiction dont même Jules Verne
n'avait pas eu l'idée. La PillCam, qui n'est guère
plus grosse qu'une gélule d'antibiotique, embarque
néanmoins une minicaméra, un éclairage,
une batterie et un émetteur pour un voyage de l'oesophage
à la sortie naturelle qui remplace de nombreuses endoscopies
douloureuses et dangereuses. C'est parce qu'il mettait au
point les systèmes de guidage du missilier militaire
Rafael que l'officier-ingénieur Gaby Iddan a imaginé,
il y a une dizaine d'années, ce petit vaisseau exploratoire
des intestins. « Quand vous savez réaliser des
vidéos dans un environnement hostile comme celui d'un
missile en vol, vous pouvez miniaturiser cette technologie
pour faire fonctionner
une microcaméra dans un intestin », explique
modestement l'inventeur.
Créée
en 1998, Given Imaging est une entreprise cotée à
Tel-Aviv et à New York, au Nasdaq, où elle est
évaluée à 1 milliard de dollars. «
Nous employons plus de 300 personnes », se félicite
son PDG, Gavriel Meron. Cet économiste de formation,
qui croit autant au marché qu'à son Dieu - il
ne quitte jamais sa kippa -, souligne que son entreprise est
bénéficiaire depuis l'an dernier. Given Imaging
symbolise bien le redémarrage spectaculaire de l'économie
israélienne, et aussi les incertitudes qui planent
sur l'avenir : petite société à l'échelle
mondiale, elle voit arriver avec crainte un concurrent japonais
de poids, Olympus. Installée dans une région
instable, cette start-up s'est sentie obligée d'implanter
une « usine de réserve » en Irlande, au
cas où la situation tournerait mal en Israël...
Car Israël
est une force fragile. Le pays sort d'une crise grave, une
récession économique aiguë où se
sont conjuguées, au tournant de l'an 2000, l'explosion
de la bulle Internet et les violences de la seconde Intifada.
Isolé, petit en taille et en population - à
peine plus de 6 millions d'habitants, dont plus de 1 million
d'Arabes israéliens -, ce pays peut moins que les autres
se permettre une aphasie économique. A chaque fois,
c'est sa survie qui est en jeu. Son histoire et sa fragilité
le condamnent à la croissance.
La récession
- mitoun, en hébreu - est un mot qui fait peur ici.
Après le formidable dynamisme des débuts, le
premier mitoun survient en 1964. Il ne s'achèvera qu'avec
la guerre des Six-Jours, en juin 1967. Pour revenir, encore
plus brutal, avec les révisions stratégiques
et les nouvelles dépenses militaires imposées
par la grande frayeur de la guerre du Kippour, en octobre
1973. Israël doit alors reconfigurer à prix d'or
son équipement militaire. Les déficits, l'endettement
et une inflation galopante en seront les conséquences.
Une situation tellement dangereuse que le travailliste Shimon
Peres devra imposer un consensus national - réunissant
autour du gouvernement les patrons et les responsables de
la grande centrale syndicale Histadrout - pour enrayer les
dérapages sans diminuer les crédits de défense.
Mais il faudra
la survenue d'un miracle pour redresser vraiment la situation,
explique Sami Friedrich, patron de Shaldor, le plus grand
cabinet de conseil de Tel-Aviv. L'arrivée de plus de
1 million de "juifs russes" (d'ailleurs pas toujours
juifs), à partir de la fin des années 80, va
fournir un sang neuf et un moteur à l'économie
israélienne. Près de 40 % ont une formation
supérieure - médecins, ingénieurs, techniciens,
économistes. Et, surtout, plusieurs centaines d'entre
eux sont des "génies" des nouvelles technologies.
» Aujourd'hui, quand on demande son chemin dans un des
pôles technologiques qui ont fleuri à travers
le pays, on ne s'étonne pas qu'on vous réponde
en russe : si les immigrés sont loin d'avoir tous assimilé
l'hébreu, ils maîtrisent parfaitement l'informatique,
la biologie, la physique et les mathématiques.
Depuis 1991, 24
« incubateurs » - pépinières d'entreprises
- ont été créés. Ils ont permis
le lancement d'un millier de projets, dont plus de 45 % sont
devenus de véritables entreprises de haute technologie,
où l'on retrouve, outre les « génies »
russes, tout ce qu'Israël compte d'inventeurs et d'hommes
d'affaires.
Le Pr Shlomo Breznitz
fait vingt ans de moins que ses soixante-dix printemps. C'est
une publicité vivante pour CogniFit, la start-up qu'il
a fondée en 1999. A partir des sciences cognitives,
son entreprise a élaboré des tests et des exercices
sur ordinateur qui stimulent le cerveau afin, notamment, de
ralentir les effets des maladies d'Alzheimer et de Parkinson.
En attendant cet usage médical, la méthode CogniFit
a été déclinée plus modestement
: elle est vendue aux auto-écoles pour évaluer
et faire progresser les candidats au permis de conduire.
« Cette aventure,
trop bizarre même pour les capital-risqueurs, n'aurait
jamais été possible sans la politique d'aides
du gouvernement : dix ans de crédit d'impôts
parce que la société est installée en
Galilée et un demi-million de dollars avancés
par l'incubateur Naiot, spécialisé dans le matériel
médical », explique Breznitz. Une partie de cet
argent est fournie par le gouvernement via le Bureau de la
direction scientifique, l'équivalent de notre Anvar,
qui alloue chaque année quelque 400 millions d'euros
de subventions à des entreprises innovantes. Naiot
est l'incubateur le plus performant du pays. A 33 ans, Assif
Stoffman en est le patron depuis bientôt quatre ans.
Ce jeune homme ne sourit pas. D'ailleurs, ici, on ne sourit
guère, comme si tout était trop grave. Il n'est
pas jusqu'au traditionnel humour juif qui semble s'être
mis en sourdine. Pourtant, Stoffman aurait de quoi se dérider
: Naiot a levé 160 millions de dollars et accouché
de plus de 40 entreprises viables.
Le secteur des
biotechnologies et du matériel médical est un
des autres points forts de l'économie israélienne
: l'entreprise Teva, qui emploie 13 000 personnes, est ainsi
le leader mondial des médicaments génériques.
« Nous sommes un pays de serial entrepreneurs »,
commente Yahal Zilka, le responsable de Magnum Communications
Fund, une de ces sociétés de capital-risque
qui ont fleuri dans le sillage du boom technologique. «
Ici, les gens ont le goût du risque et du mouvement.
C'est l'association de la technologie, de l'argent, de la
mobilité, d'un système légal favorable,
de la volonté de gagner des marchés avec un
lien privilégié avec les Etats-Unis qui explique
nos succès », renchérit Yoram Oron, qui
a créé Vertex, un autre fonds de capital-risque.
Israël est le deuxième pays, derrière les
Etats-Unis, pour l'importance du capital-risque : 10 milliards
de dollars ont été levés entre 1992 et
2002, et 1,5 milliard en 2004 pour la seule haute technologie,
plus qu'en France. Plus de 100 sociétés sont
cotées au Nasdaq, ce qui place Israël en troisième
position derrière les Etats-Unis et le Canada.
Les grandes entreprises
américaines ont compris depuis longtemps l'intérêt
de s'implanter ici. Au début des années 70,
Intel, Motorola, Texas Instruments, IBM, Digital, National
Semiconductor et, plus tard, Microsoft ont ouvert leurs premiers
centres de recherches en Israël. Ils employaient alors
quelques dizaines de chercheurs. Aujourd'hui, ils en font
travailler des centaines. Car Israël peut se féliciter
de posséder plusieurs universités ou centres
d'excellence, comme l'Institut Weizmann, l'université
Ben-Gourion ou le Technion d'Haïfa, qui forment de remarquables
ingénieurs.
Mais le MIT de
l'Etat hébreu, c'est d'abord l'armée. En particulier
ses unités high-tech les plus secrètes. Tout
le monde passe sous les drapeaux : trois ans pour les garçons
et deux pour les filles. Ceux qui entrent dans les unités
secrètes signent généralement pour six
ans. A 18 ans, une telle expérience marque les personnalités.
Elle explique le côté rugueux de la plupart des
jeunes Israéliens. On n'apprend pas les bonnes manières
dans les casernes. Ni quand on se fait tirer dessus. «
Mais on y acquiert une maturité précoce, on
apprend à décider vite, à assumer des
responsabilités et à faire face au risque. Cela
fait des gens très aptes à lancer des affaires
», souligne Daniel Rouach, professeur à l'ESCP
de Paris et au Technion d'Haïfa.
L'armée
sélectionne les meilleurs pour ses centres de recherches
et ses unités d'élite. Pendant longtemps, c'était
un secret. Mais, aujourd'hui, c'est tout juste si le gouvernement
n'en fait pas la publicité pour démontrer aux
investisseurs étrangers que le pays a formé
les troupes de choc du business moderne. Gadi Mazor, le PDG
d'Onset, entreprise spécialisée dans la reconnaissance
vocale, ne cache pas qu'il a passé plusieurs années
dans la très secrète unité 8-200 de Tsahal.
C'est de cette même « université »
du renseignement que sont sortis les fondateurs de Nice Systems,
société spécialisée dans la numérisation
de données. Le patron de la Banque Mizrahi, Yacov Perry,
est l'ancien chef du redoutable Shin Bet, la DST israélienne.
De 1986 à 1994, son nom était secret d'Etat.
Récemment, ce personnage à lunettes noires et
crâne rasé a été la vedette d'une
émission de téléréalité.
Le business de
la sécurité est florissant. Après les
vagues d'attentats de la seconde Intifada, les contrôles
sont devenus omniprésents : un vigile, qui fouille
les sacs, est posté à l'entrée de chaque
lieu public. La vigilance est depuis longtemps une seconde
nature et un business. Israël exporte ses systèmes
de surveillance - caméras, scanners, systèmes
d'identification, détecteurs d'explosifs. Des installations
vidéo surveillent les rues sensibles, repérant
grâce à des programmes informatiques tout ce
qui peut ressembler à un comportement anormal. Big
Brother veille, et bien peu s'en plaignent.
Mais surtout, le
pays a refusé obstinément de céder à
la peur. La vie nocturne de Tel-Aviv ne s'est jamais interrompue.
En avril 2003, une bombe a explosé dans un bar à
côté de l'ambassade américaine, tuant
trois jeunes et en blessant une vingtaine. L'endroit, sur
le front de mer, est à nouveau plein de monde. Dans
le quartier des affaires, au pied des immenses tours de verre
qui font des clins d'oeil à Manhattan, on ne compte
plus les restaurants chics, japonais ou français. Bien
qu'une bombe ait encore fait cinq morts dans un autre night-club,
le 25 février, on se bouscule dans ces rues qui ont
des allures du downtown new-yorkais.
L'argent, manifestement,
ne manque pas. Au moins pour certains. Tous ceux qui applaudissent
à la politique « thatchérienne »
de Benyamin Netanyahou. Dès son arrivée au ministère
des Finances, il y a bientôt deux ans, « Bibi
» avait stigmatisé le poids excessif du secteur
public (55 % de l'économie) et annoncé son intention
de multiplier les privatisations. C'est chose faite pour l'essentiel
du système bancaire, les ports, la compagnie aérienne
El Al, la majorité du secteur coopératif, bientôt
les télécoms et quelques éléments
de l'industrie militaire.
« Son agenda
a été très clair dès le départ
: discipline budgétaire, réduction de l'Etat
social au niveau des moyens disponibles, baisse des impôts
et transformation des structures pour favoriser le développement
d'une économie de marché », explique un
de ses proches collaborateurs, Joseph Bachar, directeur général
du ministère des Finances. Le déficit a été
limité à 4 % par la loi, et les dépenses
publiques ne doivent pas croître de plus de 1 % par
an. Netanyahou a réussi l'exploit de créer des
fonds de pension privés pour les retraites, d'en reculer
l'âge (de 65 à 67 ans pour les hommes et de 60
à 65 ans pour les femmes), de réduire le montant
des prestations sociales et de... diminuer les salaires des
fonctionnaires. La mythique centrale syndicale Histadrout
a dû manger son chapeau et accepter le plan de rigueur.
Netanyahou peut
dire merci à l'Intifada. Les kamikazes palestiniens
et l'état d'urgence créé de facto par
le terrorisme ont contribué à faire passer ces
pilules amères mais efficaces. La croissance est repartie
depuis l'an dernier (plus de 4 % en 2004), la Bourse a grimpé
de 100 % en deux ans, le tourisme est en pleine reprise et
le chômage - qui reste trop élevé - est
repassé sous la barre des 10 %.
Libéralisme,
ouverture sur le monde, encouragements à l'investissement,
privatisations et développement sans prise en compte
des autres pays de la région, le programme de «
Bibi » est bien loin du rêve travailliste d'un
Shimon Peres qui, naguère, avait évoqué
la création d'un « marché commun du Proche-Orient
». « Nous ne pouvons pas élaborer nos plans
dans l'attente que les choses bougent », se justifie
Joseph Bachar (2).
A Herzlia, banlieue
nord de Tel-Aviv, on respire la réussite et l'argent.
Les villas des nouveaux riches ne lésinent ni sur le
marbre ni sur le kitsch. En bord de mer, des jeunes gens bronzés
font du kitesurf.
A l'ArtCafe - une
chaîne de bistrots modernes - comme dans les dizaines
de nouveaux lieux qui ont éclos à l'ombre des
buildings, jolies filles et jeunes entrepreneurs se croisent
autour d'un cappuccino. Kobi Ben-Zvi a l'habitude d'y prendre
ses petits déjeuners de travail. Après plusieurs
années passées à Austin pour Motorola,
cet ingénieur, qui a créé Wintegra, une
start-up de semi-conducteurs, avoue qu'il a « été
surpris » par Netanyahou. « Mais il a donné
la liberté d'entreprendre, ajoute-t-il. C'est important,
car il ne suffisait plus de partager la pénurie. »
Certes, mais c'est
peut-être là le côté sombre de cette
réussite. Israël, à l'image de ses modèles
ultralibéraux, devient une société à
deux vitesses. A côté des princes de la nouvelle
économie, 20 % de la population vit au-dessous du seuil
de pauvreté. Certains jeunes soldats ne prendraient
pas leurs permissions pour profiter de la nourriture de la
caserne. « Un homme sur quatre, 10 % des ouvriers et
600 000 enfants sont pauvres, martèle Efraim Zilony,
responsable du secteur économique de la Histadrout.
Chaque année, les inégalités s'aggravent.
» Même le patron des patrons, Shraga Brosh, admet
qu'un « pays aussi isolé qu'Israël ne peut
pas se permettre d'avoir près de 10 % de chômeurs
».
Tout cela semble
bien étrange à Mme Chavale. A 72 ans, cette
kibboutznik de la première heure parcourt, désenchantée
et nostalgique, les baraques collectives aujourd'hui désertées
du kibboutz Nasholim, au sud d'Haïfa. Dorénavant,
les kibboutzniks préfèrent vivre dans des maisons
particulières et travailler en dehors de la coopérative.
Dans les champs, des immigrés thaïlandais ont
remplacé les Palestiniens (3). Une partie des bâtiments
ont été réaménagés en motel
de luxe, avec 89 chambres louées entre 60 et 190 dollars
la nuit.
Mme Chavale admet
avec tristesse que l'idéal égalitaire des kibboutz
« était peut-être une illusion ».
« Il était difficile de traiter à égalité
ceux qui travaillaient dur et ceux qui tiraient au flanc.
Et compliqué d'accepter les ordres de certains quand
on se considérait tous comme égaux. »
Aujourd'hui, c'est grâce à cet hôtel et
à son « manager » venu du privé
que sa retraite est payée à la fin du mois.
Et ce que Mme Chavale ne sait pas encore, c'est que Shamir
Optical, l'entreprise high-tech d'un autre kibboutz, vient
de faire son entrée au Nasdaq.
(1) Acronyme
hébreu pour « armée de défense
d'Israël ».
(2) Plus
brutalement, l'éditorialiste de la revue américaine
Atlantic Monthly, Benjamin Schwarz, écrit en mai que
le mur a d'abord été « conçu comme
un moyen de détacher Israël politiquement et économiquement
d'une population palestinienne en croissance et qui s'appauvrit
».
(3) Officiellement,
on compte 60 000 travailleurs immigrés en Israël,
essentiellement venus d'Asie, mais on estime qu'ils sont deux
fois plus nombreux. |