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Intervention du Professeur Albert Bensoussan
Journe de la Francophonie
Universit de Netanya le 19 Mars 2008

On m'a demand de parler de la littrature des crivains juifs de l'Algrie, je dispose de combien de temps, cher Monsieur Roby Harly ?

20mn ! Par consquent je ne vais rien dire !

Je vais simplement effleurer le sujet parce que la littrature des Juifs d'Algrie est un continent gigantesque et qui pourrait tre qualifi, en reprenant un mot qui nous a t cit ce matin trs gracieusement par Jean-Pierre Allali, de jubilatoire.

Si vous voulez vraiment  jubiler , alors lisez la littrature des Juifs d'Algrie. C'est trs trs drle, sur un temps qui s'tale sur plus d'un sicle, dont je vais essayer de tracer quelques grandes lignes

J'aimerai d'abord rebondir sur ce qui a t dit prcdemment. On a parl d'Emmanuel Lvinas qui avait fait du franais son  sol linguistique . En Algrie, il s'est trouv quelqu'un qui a dit  la langue franaise est ma patrie  Ah, c'tait pour nous qu'il l'avait dit, parce que les musulmans parlaient arabe ou kabyle. Les musulmans, les Arabes, n'avaient pas retenu cette expression.  La langue franaise est ma patrie  a t rfute - c'tait une phrase de Gabriel Audisio - par un crivain intressant Malek Haddad, qui a dit : La langue franaise est mon exil , et il a t prisonnier de cette phrase, alors il a reviss son stylo et s'est arrt d'crire. Tant pis pour lui !

La langue franaise est ma patrie, c'tait notre patrie - et si l'on essaie de tracer un peu cette littrature depuis les origines, on voit que le premier titre, le premier roman de la littrature des Juifs d'Algrie publi en 1897 est un livre d'un Oranais - Saadia Lvy -, ce livre s'intitule : Rabbin, c'est le premier titre recens par un Juif d'Algrie. Et de quoi a parle ?

Et bien a va parler d'un thme qui va tre abondamment trait dans la premire moiti du XXme sicle, le conflit entre d'o l'on vient et o l'on va.

Comme disait mon ami Roland Bacri - la littrature d'Algrie est jubilatoire -  qui suis-je ? o vais-je ? 

- Vous connaissez l'expression ? Qu'est-ce que vous dites aprs ?

 Et dans quelle tagre  Ah non, Roland Bacri ne dit pas a !  Qui suis-je ? o vais-je ? Et pourquoi elle veut pas cette salope ? 

Ce qui veut dire qu'il introduit une dimension comique, une dimension qui va tre une dimension majeure dans la littrature des Juifs d'Algrie : l'Erotisme, la femme. C'est extrmement important.

Raphal Dra a parl de sa formation de psychanalyste en disant que pour les Juifs c'est important, a aide. Mais pour Roland Bacri, pour tout le monde, a aide, la littrature rotique c'est quelque chose de capital. On ne peut pas faire de littrature en barrant l'Eros, L. E. R. O. S, attention !

Donc Rabbin, c'est le conflit entre un monde archaque, un monde bloqu, un monde qui tourne le dos, qui n'est pas dans la modernit et le monde de la modernit avec ce que cela suppose pour les Juifs d'Algrie d'alors, c'est--dire une acculturation, la crainte de perdre., de perdre cette me juive, c'est ce dont on a parl hier, au congrs organis par MORIEL pour les Juifs originaire d'Algrie, la rsistance vis--vis du dcret Crmieux : en 1865, cinq ans avant sa promulgation, 300 Juifs seulement postulent pour entrer dans la nation franaise ; ils taient rticents, avaient peur de perdre quelque chose.

Rabbin porte tmoignage de ce dbat fondamental :  on est des Juifs d'Algrie, on a des traditions, on va rentrer dans la Culture franaise , c'est impressionnant, c'est mouvant, a fait peur, mais on y va quand mme.

 

Alors parmi les gens qui peut aprs vont s'illustrer, il y a une femme, une femme admirable. Elle a eu la lgion d'honneur ! Elissa Rhas. Que ce soit Saadia Lvy ou Elissa Rhas, tous deux ont bnfici d'une amiti avec un grand crivain, ou un crivain tout court, mais majeur, important, de France.

Saadia Lvy, a bnfici de l'amiti extraordinaire de Robert Randau. Randau est un homme important dans la littrature d'Algrie en gnral. Pourquoi ? Parce qu'il est le fondateur d'un courant qu'on appelle  L'Algrianisme , qui existe encore aujourd'hui, qui a une revue dans laquelle j'ai publi des tas de petites nouvelles et qui s'appelle L'Algrianiste .

L'Algrianisme est un courant qui essaye d'englober toute la littrature des Franais d'Algrie, quelle que soit leur origine, des musulmans aussi bien entendu. Robert Randau s'tait pris d'amiti pour Saadia Lvy, et il lui a tenu un peu la main. C'est--dire que Rabbin, son tout premier roman, a t co-sign par Saadia Lvy et par Robert Randau.

 

Elissa Rhas, elle, a eu la chance de taper dans l'oil de l'instituteur, venue de mtropole - un patos - qui s'appelait Louis Bertrand. Louis Bertrand a t merveill par cette femme qui le recevait sur son sofa, comme une odalisque, il revoyait les beaux tableaux de Delacroix 'La mort de Sardanapale' - Eros, l aussi c'est plein de sexe, quel drglement !

Et cette Elissa Rhas lui en a servi pour son argent et s'est mis crire des romans, qui, trs souvent taient assez piquants - par exemple, Le sein nu, - raconte l'histoire d'un commerant juif de la basse Casbah, qui, au fond de sa boutique a une pierre un peu branlante, et le fond de cette boutique est mitoyen avec le hammam, et alors en dgageant un peu la pierre, on peut voir quelque chose, et tout ce qu'il a vu c'est UN SEIN NU ! - Il est tomb amoureux du sein ! -

C'est un thme littraire majeur. N'oubliez pas que Philippe Roth un des plus grands crivains de ce sicle a crit un livre parabolique qui s'appelle Le Sein, dans lequel le personnage se transforme en sein, il fait l'amour avec la pointe de son sein. Et bien c'est un peu ce qui se passe avec Elissa Rhas, c'est une des plus grandes crivaines. Vritablement, si on ne connat pas Elissa Rhas, alors on passe ct de la Littrature.

Il faut dire une chose, pourtant - elle ne savait pas crire - elle tait analphabte. C'tait une petite Juive - c'tait la grande-tante de ma tante. Ma tante, qui est morte, s'appelait Germaine Boumendil - Elle, s'appelait Rose Boumendil. Alors on est un peu li, a me fait plaisir aussi de penser a !

Et Rose Boumendil a pris ce nom - Elissa Rhas - parce qu'elle a dit : Rhas c'est un nom de victoire ! Rhas ! Comme Nasser, on dit le Rhas ! Et bien elle tait Rhas ! - et puis Elissa, eh bien a faisait juif, quand mme Elissa ! Elle a voulu garder dans son prnom quelque chose de juif. Alors Juive-Arabe, elle a racont dans son ouvre des histoires d'Arabes et des histoires de Juifs. Par exemple Saada la Marocaine, est un livre extraordinaire, qui raconte l'mancipation d'une jeune musulmane, qui va l'cole, apprend lire crire, et va devenir comptable de son pre, qui est compltement analphabte. Et du mme coup, ayant accs la comptabilit, elle devient 'l'homme' le plus important de la maison. Le pre est trs fier d'elle. a, c'est Elissa Rhas - l'Emancipation de la femme.

Alors dans la littrature de la premire moiti du XXme sicle, elle va trouver ce thme comme un thme majeur - La femme s'mancipe par l'ducation, par l'cole dont a parl Raphal Dra. Il faut dire qu'entre les deux guerres, en Algrie franaise, il y a eu une espce de monopole de l'instruction publique par les jeunes juives. Le mtier qu'elles prenaient - tudes courtes - papa tait d'accord, c'tait pas gagn d'avance - c'tait institutrice. Elles allaient dans les EPS, Ecole Primaire Suprieure, elles suivaient la scolarit, arrives en 3me, elles avaient le brevet lmentaire, elles rentraient l'Ecole Normale, et l'anne suivante, elles taient institutrices. Il y a un nombre incroyable d'institutrices juives en Algrie, dans l'entre-deux-guerres. Emancipation de la femme, par l'instruction. Elissa Rhas, qui ne savait pas crire - vous savez comment elle faisait ? Eh bien de nombreux livres ont t crits, en particulier par son neveu ; le fils de ce dernier, Paul Tabet, a prtendu, dans un ouvrage qui a fait scandale, que son pre tait le secrtaire particulier d'Elissa Rhas et en fait le vritable auteur. Mais non, parce que, quand Elissa Rhas est morte, son ouvre est morte, le Tabet en question, son neveu, n'a pas crit, il n'avait plus l'imagination extraordinaire de sa tante et protectrice.

Alors Elissa Rhas, ne savait pas crire, mais elle avait une grande imagination, une grande intuition, et elle va inventer des thmes.Je n'ai pas beaucoup de temps pour dire tout a, mais le thme de la femme mancipe, qu'elle soit juive ou musulmane, le thme de l'importance de l'Eros dans la vie, parce que c'est le moteur de la socit, dans Le sein nu en particulier, mais aussi, la conscience juive. Et alors je dois dire que l'Alliance Isralite de Paris, a fait quelque chose d'extraordinaire, elle a cr une collection, dans laquelle trempe notre ami Jean-Pierre Allali. Ils ont trouv, Guy Dugas et lui, un petit rcit, qui date de 1931, d'Elissa Rhas, qu'ils ont publi, il est paru voici quelques mois, et s'intitule  Enfants de Palestine . Enfants de Palestine, c'est toute la conscience juive d'Algrie. On a parl hier, des Juifs d'Algrie et de leur  ahavat Isral , l'amour d'Isral, le fait qu'ils taient naturellement sionistes, ils taient tombs dedans, comme Oblix, dans Astrix et Oblix, ce livre crit d'ailleurs moiti par un Juif. Ils taient tombs dedans, dans l'amour d'Isral, cet amour d'Isral qui avait t chant en Espagne par Yhouda Halvy. Donc, elle tait sioniste de coeur et un de ses personnages, s'en va naturellement faire son alyah en 1931. C'est un petit quincaillier de la rue de la Lyre, qui va Hafa, dans la rgion de Hafa, et il est conscient du problme pos par le Yichouv de cette poque, et elle crit, cette femme admirable qui ne savait pas lire, ni crire, donc, elle crit : Nous devons faire de nos voisins nos amis, si nous voulons pouvoir continuer notre ouvre et raliser notre idal, sans l'union avec les Arabes, pas de foyer national juif possible en Palestine. Alors cet homme qui a achet ces terres, se heurte la jalousie de ceux qui ont vendu ces terres. C'est un cas de figure, qui ensuite, a rvl le reste. Il y avait la jalousie, ces terres avaient t achetes, elles taient mises en valeur, elles donnaient des fruits, et ceux qui avaient vendu les terres s'apercevaient qu'ils avaient laiss passer une chance de devenir riches et prospres. Alors finalement il y a des attentats, il y a des incivilits, et ce Juif d'Alger, ce moment l, qui a un employ arabe - Mohamed -, il le charge d'une mission, une espce de chalia'h du monde arabe. Il lui demande d'aller a Jrusalem et de dire aux Arabes : "Ecoutez il n'y a pas de raison de faire la guerre, il faut nous accepter, nous les Juifs on est trs peu nombreux, on a quelques terres, laissez-nous en paix et tout le monde va en profiter".

Vous vous rendez compte un peu de la vision prophtique d'Elissa Rhas, une femme qui ne savait ni lire ni crire !

Alors cet Arabe va aller Jrusalem, et au bout d'un certain temps le Juif n'a plus de nouvelles. Alors il se rend Jrusalem et essaie de savoir ce qu'est devenu cet Arabe, il le rencontre, et lui dit :

"Mais on t'a donn de l'argent, je t'ai tout pay, et tu n'as rien fait ?"

L'Arabe rpond : "Oui c'est vrai, j'ai tout fait, tout fait, mais tu sais, a ne marchera pas". Et voil la phrase de Mohammed :" Il faut attendre, attendre le miracle qui viendra d'Allah le Tout-Puissant, non des hommes".

Donc Elissa Rhas en 1931, prend conscience de la cause juive, de la cause sioniste, de la ncessit de se rendre en Isral, d'acheter des terres, de les faire fructifier, en disant : "Eh bien on va le faire, mais a ne va pas tre facile, mais avec l'aide de D.ieu peut-tre le miracle va venir, et on nous acceptera". Alors vous voyez, cette femme Elissa Rhas est vraiment extraordinaire.

Dans la foule d'Elissa Rhas, il y a d'autres femmes admirables. Blanche Bendahan, auteur de Mazaltob, gros succs de librairie, qui se passe Ttouan, mais l'auteur c'tait une Oranaise. Mazaltob, c'est aussi l'histoire d'une petite Juive qui fait des tudes et se coupe de son milieu.

Il y a encore une autre femme ,Irma Ychou, qui a crit La famille Bensad, elle est de Blida comme tous les Bensad, et raconte l'histoire d'une Juive qui va elle aussi faire des tudes. Sa mre lui dit, "ah mais c'est pas trs bien ma fille, a c'est pas trs bien. Chez nous les juifs, nous n'avons pas la mentalit rendre les filles savantes". Et pourtant les institutrices l'taient et c'est a qu'elle essaie de nous dire. Alors a c'est l'entre-deux-guerres, ensuite dans l'criture des Juifs d'Algrie, il y a beaucoup de posie, avec quelques grands potes, il y en a un qui tait admir par Ren Char, c'est Jules Tordjman, un Oranais encore. Il y a Andr Blamich Oran qui a t le grand traducteur de Lorca, qui a crit des contes sur les Juifs d'Oranie. Il y a Jean-Richard Smadja, qui a Alger dirigeait le cercle Lelian, o j'ai publi un premier pome l'ge de 17 ans, c'est amusant.

Et puis il y a eu des hommes qui ont commenc merger, qui taient aussi des hommes politiques, hier je parlais de Jean Daniel - Jean Bensad - il a effectivement publi un roman, qui s'appelait L'erreur en 1953, avec une belle prface d'Albert Camus. En 1977, il a donn Le refuge de la source. Que dire de Jean Daniel ? vous le connaissez, son judasme n'est pas quelque chose d'extrmement proclam. Par exemple lorsqu'il voit une femme, c'est une veille mauresque, il dit,  elle me rappelle ma grand-mre . Il y avait une vritable osmose entre Juifs et Arabes, et constamment dans ce qu'il crit, il mle quelque chose qui n'est pas trs littraire, en littrature, il ne faut pas trop rflchir. Le bon crivain c'est celui qui est un peu bte - c'est Flaubert qui le dit -. Si on introduit de l'intellectualisme, de la crbralit dans l'criture, ce moment l l'criture ne passe pas, c'est un discours. Un discours politique. La littrature c'est prendre des mots comme on prend de l'argile, et fabriquer quelque chose. Et c'est le lecteur qui comprend quelque chose, qui tire la leon. C'est ce qu'on appelle "le plaisir du texte".

Alors il y a quelques Juifs qui crivent, et dont la judit n'apparat pas toujours, comme chez Annie Cohen dans Le Marabout de Blida, qui parle beaucoup de l'Espagne et des Espagnols, moins des Juifs.

En revanche Line Meller-Sad qui a crit Blida et des poussires, insiste normment sur sa judit. Mais n'ayant pas eu une ducation trs religieuse, c'est une femme aussi, elle n'a donc pas eu accs au Talmud Torah, et elle corche quelques mots. Quoique, en Algrie, et Alger en particulier, et ma sour est l pour en tmoigner, elle qui a un certificat d'instruction religieuse, les filles ne faisaient pas la Bat-mitzvah, mais allaient au Talmud Torah, c'tait une disposition qui avait t prise par Albert Confino, je pense que Julien Zenouda s'en souvient, et donc, on avait demand aux Juifs d'envoyer galement les filles au Talmud Torah, qui tait l'Alliance Isralite, et les filles recevaient donc un diplme d'ducation religieuse.

 

J'en viens la priode qui a suivit la guerre. La guerre c'est le mutisme, c'est la chasse, c'est la peur. Tout le monde tait terroris, comme je l'ai dit hier, les Juifs ont fait le gros dos. Jacques Lazarus, avait dit : "Tenez-vous carreaux quand mme !" - Alors on n'crit pas, on attend la fin. A la fin - c'est--dire en Exil, alors que les Juifs d'Algrie choisissent d'aller massivement en France, ils se jettent sur la langue franaise, en disant : maintenant c'est nous qui allons parler. Alors ils vont parler en pied-noir, comme Enrico Macias va chanter en pied-noir. Avant de chanter en arabe et en hbreu, et d'exalter le monde judo-arabe d'Algrie ou de Constantine, il ne faut pas oublier qu'il a t, le grand barde de la pied-noiritude, il tait le symbole des Pieds-Noirs. Tout comme Daniel Saint-Hamon, mais ce n'est pas son nom : dans Le coup de siroco, il dit " l'cole quant le matre prononait mon nom, tout le monde clatait de rire , car il avait un nom juif-arabe, et il en avait honte. Il y a donc partir de 1962, le dsir de ces Juifs de s'intgrer la pied-noiritude, d'tre des Pieds-Noirs. Ce dsir va bientt laisser place, petit petit, avec l'ge, la maturit, la raison, au dsir de retrouver leur judasme. Tous ce moment l .....Ah bien oui, il me reste 3 minues ?....Tous ce moment l vont se jeter sur ce judasme jubilatoire.

Je voudrais tout de mme dire deux mots sur Gil Ben Aych, qui est mon petit cousin, d'une certaine faon, parce que la grand-mre, dont il a fait le seul hros de ses livres avec la ville de Ndroma, la grand-mre, qui tait ne Ndroma, tait la cousine de ma mre. Ben Aych a crit L'essuie-mains des pieds. a fait plaisir mon ami Ben Zaquen, qui est dans la salle. Parce que les Tlemcniens, les gens de l-bas, voulaient tre plus franais que les autres, et ils avaient des mots comme a bizarres. Il y avait l'essuie-mains pour s'essuiyer les mains, et ils avaient l'essuie-mains des pieds. Et Ben Zaquen me racontait l'histoire de la femme qui voulait mettre des cinq partout, parce que a porte bonheur, et elle disait son mari tu vas rentrer du vin, des dcalitres de cinq litres.

Alors ce folklore, a nourrit les pages de Gil Ben Aych, L'essuie-mains des pieds ou Le voyage de mm, Le livre d'Etoile. Etoile c'tait la cousine de ma mre, de Ndroma. Il raconte des choses tonnantes, il raconte sa grand-mre, qui est venue d'Alger, elle tait compltement paume, elle tait analphabte, et il doit l'amener chez ses parents, qui habitent Champigny, alors qu'elle a dbarqu rue Truffaut au Nord de Paris. Mais elle a peur du mtro, elle a peur du bus, elle a peur de tout, "rien qu'on marche mon fils, rien qu'on marche", alors il dit - "Mm y a vingt kilomtres". Ils partent 7 heures du matin, ils arrivent le soir. Mais alors quand elle marche, elle dit : "mais comment il y a le cousin Benayoun qui est l, on va lui dire bonjour , et lui de lui rpondre -  mais mm on n'a pas le temps , et la mm de dire : "c'est pas bien quand mme, chez nous a se fait pas". Et puis alors elle dit bonjours tout le monde dans la rue, et le petit-fils lui dit : "mais, mm on les connat pas !" et la mm de rpondre : "Mais comment mon fils c'est des voisins !". Oui, elle croyait que Paris c'tait comme Tlemcen, tout le monde tait des voisins. Alors quand ils avancent, le texte dit ceci, je vous cite trois lignes et vous verrez ce mlange savoureux de ces langues dont a parl Raphal Dra, le franais, l'arabe, l'hbreu :  On est arrivs Stalingrad. 'Ewa fyeun hdk el'stationne ? alors c'est quelle station ici ?.ma ndjemch j'peux pas. Ewa mzel Champigny ? alors pas encore Champigny ?. izn a m'suffit. Izn bna a m'suffit mon fils.releh ismo que son nom soit bni . Les mres, elles disent toujours "releh ismo" leur fils. Aprs ils passent devant une boutique et il y a des piments, le fils lui dit : "mm ont dit pas des piments en France, on dit des poivrons" et la mm, "les piments c'est des piments ! et a pique ! Tiens des piments mon fils, tiens prends un peu, voil hala bezef ! trs piquant !.

Je voudrais dire de Gil Ben Aych, c'est tout de mme un phnomne, d'abord a t mont la scne. Mais, il y a quelque chose qui fait que c'est le plus grand crivain d'Algrie, pourquoi ? Il a t traduit en chinois. Il a eu la chance de rencontrer dans son cole, une lectrice de chinois, qui lui a dit : "Ah mais c'est intressant ce petit livre pour apprendre le Franais en Chine" Et alors il a eu un tirage modeste : 40 000 exemplaires ! Il y a donc 40 000 Chinois, qui connaissent la France travers une veille ville d'Algrie, Ndroma, et une veille mm de l-bas.

   
   
 

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