Le Premier ministre Ariel Sharon a ouvert
dimanche matin le conseil des ministres par un hommage
à Ephraïm Kishon.
Il a déclaré : ‘’Ephraïm
Kishon est mort hier mais son œuvre culturelle
subsistera pour nous et pour les générations
futures’’.
Parmi ses œuvres les plus célèbres,
on peut relever le film ‘’Salah Shabati’’,
‘’Le renard dans le poulailler’’,
‘’Pardon d’avoir gagné’’
et ‘’le policier Azoulay’’.
Ephraïm Kishon est né à
Budapest, capitale de la Hongrie, en août 1924.
Il a passé son enfance en Hongrie dans un milieu
de Juifs assimilés. En 1941, alors qu’il
achevait ses études à l’Académie
du Commerce, les organisations antisémites ont
commencé à sévir dans son pays
et lorsque la Hongrie est entrée en guerre, il
a été enfermé dans un camp de concentration.
Il a échappé de justesse au massacre de
Sobibor, en Pologne, et a réussi à s’enfuir.
Rentré à Budapest, il a retrouvé
sa famille qui se cachait. Grâce à l’aide
d’un voisin courageux, un ‘’Juste
parmi les nations’’, et à de fausses
pièces d’identité, Ephraïm
Kishon et les siens ont pu rester cachés jusqu’à
la fin de la guerre.
Après la Shoah, Kishon a réussi
à gagner sa vie honorablement, sous le régime
stalinien, en tant que journaliste d’une publication
satirique en faveur du pouvoir communiste. Mais conscient
du mensonge dans lequel il vivait, il a saisi la première
occasion qui se présentait, lors d’une
foire à Prague, pour quitter la Hongrie avec
son épouse et est monté en Israël.
Le couple s’est alors installé
dans le Kibboutz Kfar Hahoresh et Ephraïm Kishon
a alors acquis ses premiers rudiments de la langue hébraïque.
Il a un peu plus tard obtenu un poste dans la rédaction
d’un journal hongrois local où il était
chargé de l’édition nocturne. En
1951, il a été admis à l’Oulpan
Etsion à Jérusalem où il a consacré
une année entière à l’étude
approfondie de l’hébreu.
Il a alors entamé une carrière
d’humoriste et a offert ses services aux grandes
publications israéliennes. Ses propositions ont
été rejetées jusqu’au jour
où le journal Davar a accepté l’un
de ses articles. La même année, en 1951,
Kishon a publié son premier ouvrage, où
il décrivait avec humour les premiers pas d’un
nouvel immigrant.
En 1953, le théâtre Habima
a mis en scène sa première pièce,
‘’Son nom le précède’’,
qui a obtenu un grand succès. C’est la
première fois qu’un écrivain osait
critiquer le pouvoir, alors entre les mains du Mapam
(gauche). A la même époque, Kishon a commencé
à écrire régulièrement dans
le journal Maariv et il a continué pendant trente
ans sa rubrique particulièrement populaire dans
le quotidien, sous le titre de "Had Gadia".
Par la suite, ses œuvres ont été
traduites à l’étranger et on se
souvient par exemple que sont sortis en français
les livres ‘’les petites filles de Loth’’
et ‘’les sacrés fils d’Abraham’’.
Kishon est vite devenu le porte-parole
d’Israël à l'étranger et il
a été comparé à des auteurs
renommés comme Shalom Aleichem et Mark Twain.
Ecrivain au départ, il a ensuite poursuivi une
carrière de scénariste de niveau mondial
et a réalisé cinq films en Israël.
Ses œuvres ont obtenu de nombreux prix internationaux,
notamment à Hollywood.
Le prix d’Israël a été
décerné à Ephraïm Kishon en
2002 pour l'ensemble de son œuvre réalisée
pendant toute sa carrière d’écrivain
et de satiriste. Le jury qui l'a choisi l'a décrit
comme étant le plus grand humoriste de l’Etat,
qui avait réussi à réaliser une
œuvre culturelle et à présenter toutes
les facettes de la société israélienne.
Il était encore souligné
qu’Ephraïm Kishon avait su exprimer le renouveau
du peuple juif, après l’horreur de la Shoah
qui avait déchiré l’Europe. Il avait
su exposer les problèmes que le jeune Etat devait
affronter et avait eu le génie de présenter
les difficultés quotidiennes de l’Israélien
moyen.