La
journée du 9 Av (ticheâ bé av) commémore
la destruction du 1er Temple il y a 2587 ans (-586)
et la destruction du second Temple il y a 1931 ans environ
(vers 68 ou 70).
La veille de ticheâ
bé av
Avant la tombée de la nuit, il est habituel de
prendre un dernier repas avant le jeûne appelé
« repas de cessation ». Il est interdit
de servir dans ce repas deux plats cuisinés.
La coutume est de consommer un plat de lentilles ou
un œuf dur, ces deux plats étant un symbole
de deuil. On peut compléter par du pain, des
laitages, des légumes crus et des fruits. Certaines
personnes ont l’habitude de tremper le pain dans
de la cendre.
Ce dernier repas est pris en étant
assis par terre ou sur un tabouret de moins de 30 cm
de hauteur, comme c’est le cas pour les personnes
en deuil. On ne retire pas encore les chaussures de
cuir pour ce repas, mais on le fait à la tombée
de la nuit. Il est permis de manger et de boire tant
qu’il fait encore jour.
En cette veille
du 9 Av, le parvis du Kotel (Mur occidental) est bondé.
En effet le peuple juif commémore à cette
date, la destruction du Temple par un jeûne et
des prières, et les fidèles ont l'habitude
de venir se recueillir devant ce dernier vestige.
Les abstinences de ticheâ
bé av Il est interdit de prendre
toute nourriture ou boisson, de se laver, de porter
des chaussures de cuir et d’avoir des relations
intimes. Ces interdictions s’appliquent dès
le coucher du soleil et jusqu’à la tombée
de la nuit après le jeûne. Les enfants,
les malades et les femmes enceintes sont dispensés
de jeûne. Le jour du 9 Av n’est pas
férié ; il est cependant recommandé
d’éviter tout travail absorbant.
Sous
la domination romaine (63 av - 313 ap)
Lorsque
les Romains, devenus la grande puissance de la région,
succédèrent aux Séleucides, ils
accordèrent au roi asmonéen régnant,
Hyrcan II, une autorité limitée, sous
le contrôle du gouverneur romain de Damas. Les
juifs, hostiles au nouveau régime, multiplièrent
les insurrections au cours des années suivantes.
C'est Mattathias Antigone qui fit la dernière
tentative de restaurer la gloire de la dynastie asmonéenne.
Sa défaite et sa mort mirent fin au régime
des Asmonéens (40 av.) et le pays devint une
province de l'Empire romain.
En
37 av., Hérode, gendre d'Hyrcan II, fut nommé
roi de Judée par les Romains. Jouissant d'une
autonomie quasi illimitée pour les affaires intérieures
du pays, il devint l'un des monarques les plus puissants
de la partie orientale de l'Empire romain. Grand admirateur
de la culture gréco-romaine, Hérode lança
un vaste programme de construction comprenant les villes
de Césarée
et Sébastia et les forteresses d'Hérodion
et de Massada.
Il
restaura également le
Temple et en fit l'un des édifices les plus
magnifiques de l'époque. Mais en dépit
de toutes ses réalisations, Hérode ne
parvint pas à gagner la confiance et le soutien
de ses sujets juifs.
Dix
ans après la mort d'Hérode (4 av.), la
Judée passa sous administration romaine directe.
La colère croissante contre la suppression systématique
de la vie juive dégénéra en violences
sporadiques qui culminèrent dans une révolte
de grande envergure en l'an 66 de l'ère chrétienne.
Des forces romaines supérieures menées
par Titus finirent par l'emporter, rasant Jérusalem
(an 70) et réduisant le dernier bastion de Massada
(an 73).
La
Temple hérodien d'après
la maquette du Second Temple de Jérusalem
La
destruction du Temple
Jérusalem,
capitale de l'ancien royaume de Judée, est mise
à sac par l'armée romaine le 8 septembre
de l'an 70 (*), après un siège atroce
de deux ans.
Un
roi cruel
Profitant
des divisions entre les juifs, le général
romain Pompée a conquis la Samarie et la Judée
en 63 avant J-C. Un protégé des Romains,
Hérode, en profite pour liquider la dynastie
des Asmonéens et devenir roi de Judée
(ou pays des Juifs) en l'an -37.
De
cet homme célèbre pour sa cruauté
et son absence de scrupules, l'empereur romain Auguste
aurait dit : «Mieux vaut être le porc d'Hérode
que son fils»... Hérode le Grand partage
son royaume entre trois de ses fils, avant de mourir
en l'an 4 de notre ère.
Sa
dynastie s'arrête là. En l'an 6, l'empereur
Auguste transforme la Judée en une province romaine
gouvernée par un simple procurateur.
Première guerre juive
Décontenancés
par les croyances monothéistes des habitants,
les Romains laissent ceux-ci libres de s'organiser comme
ils l'entendent sous l'autorité de leur Tribunal
religieux, le Sanhédrin. Mais les Juifs ne manquent
pas de se quereller et de se diviser sur la conduite
à tenir vis-à-vis de l'occupant (voir
la Guerre
des Juifs).
Les
grands prêtres et le parti des Pharisiens s'accommodent
de l'occupation étrangère tandis que dans
les milieux populaires, la secte des Zélotes
appelle à la résistance et veut hâter
la réalisation des promesses divines.
Les
Zélotes déclenchent une violente révolte
en août 66. Ils massacrent les grands prêtres
et s'emparent de Jérusalem. Mais les Romains,
sous la direction du général Vespasien,
mènent la reconquête avec détermination.
Vespasien
étant devenu empereur, c'est à son fils
Titus qu'il revient d'achever le siège de Jérusalem.
Il ne s'agit pas d'une mince affaire car la population
de la ville s'élève déjà
à cette époque à environ 80.000
habitants. Les habitants sont déportés
comme esclaves cependant que le Temple, haut lieu de
la religion juive, est complètement détruit
(à l'exception d'un pan du mur d'enceinte, le
futur «Mur des Lamentations»).
Le
vainqueur, Titus, rentre à Rome où il
reçoit un magnifique triomphe. Un arc est bâti
en souvenir de ce triomphe à l'entrée
des forums romains.
Ses
bas-reliefs relatent les exploits des Romains en Judée
et notamment le pillage des trésors du Temple,
en particulier un fameux chandelier sacré à
sept branches, la Ménorah (ce chandelier disparaît
en 455 suite au pillage de Rome par les Vandales de
Genséric).
Sur
une des fresques de l'arc de Titus, l'on peut apercevoir
des Romains porter la Ménora, le chandelier à
sept branches des Hébreux. Il s'agit d'un des
trésors trouvés dans le temple de Jérusalem
et rapportés à Rome.
La
destruction de Jérusalem et du Temple ne met cependant
pas fin à la première guerre juive...
Au-dessus de la Mer Morte, la forteresse de Massada
continuera de résister sous la direction d'un chef
zélote, Éleazar...
Le
9 Av par Jacques Kupfer
Nul n'ignore cette déclaration prêtée
à Napoléon (et tantôt à
l'empereur François- Joseph) et s'enquérant,
en traversant une bourgade en Pologne, de la raison
d'une palpable tristesse de deuil un jour du 9 av.
Apres avoir reçu l'explication de ce jeûne
et de ce deuil, l'empereur aurait déclaré
que pour un peuple capable de pleurer pendant deux
millénaires la destruction de son temple, l'avenir
est assuré. Le jour viendra où il pourra
le reconstruire.
Effectivement une telle preuve d'amour et de fidélité
mérite une consécration et notre capacité,
pendant toutes ces années d'exil et de dispersion,
à se tourner vers Jérusalem et à
rêver de ce jour béni où la souveraineté
juive serait rétablie sur la terre d'Israël
s'est matérialisée par l'idéologie
sioniste nationale et le rassemblement des exilés
en Erets Israël.
C'est pourquoi nous avons jeûné en attendant
la libération de notre capitale et le retour
de la loi juive sur notre ville sainte. C'était
certainement vrai jusqu'à ce jour de juin 1967
où retentit la phrase tant espérée
par des centaines de générations juives:
"Le Mont du Temple
est entre nos mains". Et depuis?
Depuis des dirigeants politiques ont tergiversé
pour aboutir à donner un contrôle absolu
au Waqf sur le lieu le plus saint du judaïsme.
Et depuis, des politiciens d'une rare lâcheté
ont permis au Waqf de détruire les vestiges
des premier et deuxième Temples, d'agrandir
leurs mosquées. Et depuis le seul endroit du
monde où il est interdit à un Juif de
remuer ses lèvres en récitant une prière
est "notre" Mont du Temple. Et depuis, les
rabbins asionistes, non sionistes ou anti-sionistes
ont coopéré, en échange de quelques
avantages financiers dans leurs Yechivot, avec des
dirigeants politiques qui sont allés jusqu'à
proposer la souveraineté arabe sur le Mont
du temple et des corridors réservés
aux Juifs pour l'accès au Mur
Alors si je jeûne ce n'est plus seulement en
raison de la destruction du Temple mais en raison
de sa non reconstruction. Si
je pleure en ce jour du 9 av,
c'est parce que des autorités juives m'interdisent
l'entrée de mon lieu saint sous de futiles
prétextes religieux et en raison d'une intense
lâcheté politique.
Si je pleure en ce 9 av, c'est parce
que ces rabbins continuent à rassembler les
Juifs pieux et fidèles à se lamenter
dans des salles fermées et ne les conduisent
pas directement sur le mont du Temple sans empiéter
sur le Saint des Saints que nous savons parfaitement
situer. Si
je pleure, c'est parce que
le tombeau de Joseph est détruit à Schh'em,
que la chambre d'Isaac m'est interdite à Hébron,
que le tombeau de Josué est noyé sous
des immondices près d'Ariel, que le tombeau
d'Ichaï est délaissé à Hébron.
Si
je pleure c'est parce que tout
est entrepris pour effacer notre histoire passée
et obérer notre avenir juif sur la terre juive.
Si
je pleure en ce 9 av, c'est
parce que les rabbins en question continuent à
se comporter comme si nous étions en Galouth
sur notre terre d'Israël. Si
je pleure en ce 9 av, c'est
parce que nos politiques n'ont aucune vision sioniste
du destin de notre peuple et que leur pragmatisme
nous mène vers un drame. C'est parce que ce
peuple a élu sciemment un homme qui avait honnêtement
(!) annoncé qu'il "était fatigué
des victoires" et que logiquement il nous a ainsi
amené à la défaite. Si
je pleure c'est parce que notre
politique consiste à craindre les réactions
dans de lointains pays musulmans qui se soulèveraient
si nous ramenions un Sefer Thora sur le Mont du Temple.
Comme si nous y avions des ambassades ou des consulats
qui risqueraient d'être brûlés
dans la bonne tradition musulmane. Et comme si la
politique de compromis empêchait des dizaines
de milliers de roquettes d'être pointées
sur le Nord d'Israël et des milliers de balles
et de tonnes d'explosifs d'être massés
dans le Sud et au centre de notre pays! Si
je pleure en ce 9 av,c'est
parce que nos politiques et ces rabbins se tournent
vers Oslo et Washington pour supplier et non vers
Jérusalem pour prier.
C'est parce que nos politiques et nos rabbins ne sont
pas à la hauteur des événements
miraculeux et héroïques que nous vivons
depuis la renaissance sioniste.
La nature a horreur du vide et le vide juif sur le
Mont du Temple a été comblé par
les arabes comme dans tout endroit où se retire
notre dignité, notre fidélité,
notre Foi et notre courage.
L'Eternel avait enjoint aux enfants d'Israël
devant la mer à la sortie d'Egypte, d'arrêter
de prier et d'agir.
Quand
viendra ce jour où un Grand rabbin et un Premier
Ministre pleinement juif diront aux enfants d'Israël
réunis pour prier le 9 av: "Assez
de gémissements! Place à l'Action"?
On peut toujours rêver!