| Dans
de nombreux cas, les gouvernements des pays arabes poussèrent
leurs populations juives à l’exode dans
le cadre de campagnes d’expulsion orchestrées
et articulées par les échelons les plus
élevés de la classe politique
de ces pays arabes.
Ces
campagnes comportaient des mesures variées, notamment
une législation discriminatoire, la confiscation
de la citoyenneté, des limites posées
à la liberté de mouvements des Juifs au
sein et en dehors des pays arabes, des arrestations
et mesures d’emprisonnement arbitraires, l’exclusion
de certaines professions et des limites importantes
dans le cadre du monde des affaires.
•
Au cours du débat sur le partage de la Palestine
Mandataire aux Nations Unies en Novembre 1947, de nombreux
délégués arabes (notamment Egyptiens,
Irakiens et Palestiniens) menacèrent sans détour
les populations juives «indigènes »
des pays arabes des conséquences d’un vote
en faveur du partage de la Palestine.
•
Ces menaces se virent confirmées dans la réalité
dans les semaines qui suivirent le vote sur le partage
de la Palestine de 1947 avec la perpétration
de massacres et de pogroms, souvent orchestrés
par les autorités officielles des pays concernés,
qui firent des centaines de victimes et causèrent
des pertes matérielles se montant à des
millions de dollars (par exemple : Une série
de bombes dans le quartier juif du Caire en 1948 tuèrent
plus de 70 Juifs ; Une émeute anti-juive à
Tripoli en Juin 1948 fit 12 victimes et vit la destruction
de 280 habitations juives ; Des émeutes sanguinaires
à Oujda et Djérada (Maroc) en Juin 1948
firent 44 victimes juives ; La destruction du quartiers
juif d’Alep à la suite du vote de partage
en 1947 fit des dizaines de victimes juives). Des menaces
supplémentaires furent proférées
et confirmées à la suite de chacune des
guerres israélo-arabes.
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Au cours et dans le cadre de l’expulsion des Juifs
des pays arabes, les gouvernements arabes confisquèrent
ou exproprièrent les biens appartenant aux Juifs
– ces biens pouvant être estimés
à une valeur de plusieurs milliard de dollars
actuels. Il faut ajouter à cela que l’expulsion
des Juifs fut l’occasion d’innombrables
actes de violence et de vols perpétrés
par des citoyens des pays arabes contre les populations
juives locales.
Nos
objectifs :
1.
Raconter l’histoire de la dépossession
et de l’expulsion des communautés juives
en terres arabes avant et après la création
de l’Etat d’Israël.
2.
Réfuter la version révisionniste de l’histoire
telle qu’elle est présentée par
les pays arabes et qui tend à donner une image
idyllique des relations judéo arabes
d’avant l’avènement du Sionisme et
à mettre de côté la situation d’infériorité
et de vulnérabilité des Juifs en terres
d’Islam à travers les siècles,
ainsi que de nier la contribution essentielle des Juifs
au développement culturel, social et économique
des différents pays arabes.
3.
Mettre en valeur l’héritage et l’histoire
des communautés juives en terres arabes qui ont
tant contribuées à la culture et au développement
intellectuel juif – héritage trop peu connu
de par le monde juif et en Israël même.
4. Souligner les souffrances des Juifs des pays arabes
dont les conditions de vie quotidienne ont été
rendues peu ou prou invivables et qui furent poussés
à l’exil dans des conditions tragiques.
5.
Souligner les circonstances particulières à
chaque pays arabe qui poussèrent les Juifs sur
les routes de l’exil – des circonstances
qui mettaient souvent en danger toute personne étant
identifiée ou s’identifiant en tant que
Juif – et qui nous permettent de considérer
ces Juifs comme des réfugiés
et non pas comme de simples émigrants.
Est
considéré comme réfugié
tout personne “Qui, par suite d'événements
survenus avant le premier janvier 1951 et craignant
avec raison d'être persécutée du
fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité,
de son appartenance à un certain groupe social
ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays
dont elle a la nationalité et qui ne peut ou,
du fait de cette crainte, ne veut se réclamer
de la protection de ce pays; ou qui, si elle n'a pas
de nationalité et se trouve hors du pays dans
lequel elle avait sa résidence habituelle à
la suite de tels événements, ne peut ou,
en raison de ladite crainte, ne veut y retourner.
Dans le cas d'une personne qui a plus d'une nationalité,
l'expression "du pays dont elle a la nationalité"
vise chacun des pays dont cette personne a la nationalité.
Ne sera pas considérée comme privée
de la protection du pays dont elle a la nationalité
toute personne qui, sans raison valable fondée
sur une crainte justifiée, ne s'est pas réclamée
de la protection de l'un des pays dont elle a la nationalité.”
Convention des Nations Unies relative au statut
des réfugiés, 1951
6.
Présenter le destin des Juifs des pays arabes
qui partagèrent la douloureuse destinée
d’autres populations de réfugiés
de par le monde et qui vécurent l’expérience
du déracinement, de la perte de leur identité,
des conditions souvent très difficiles d’arrivée
et d’intégration dans des pays d’accueil
souvent mal préparés pour les recevoir.
7.
Mettre en valeur le rôle particulier joué
par l’Etat d’Israël dans l’accueil
et l’intégration des Juifs des pays arabes,
en soulignant le fait que le nouvel Etat n’avait
que peu de moyens pour réaliser une intégration
réussie. Simultanément, mettre en lumière
qu’à la même époque les pays
arabes qui virent l’arrivée de centaines
de milliers de réfugiés palestiniens dans
leurs frontières ne firent rien pour leur assurer
une intégration digne et réussie, qu’ils
ne leur procurèrent pas les moyens élémentaires
destinés à leur bien-être et les
forcèrent de fait à un statut de réfugié
perpétuel et transmis de génération
en génération.
8.
Demander la réparation de l’injustice
historique faite aux individus et aux communautés
juives en pays arabes et mettre en avant les demandes
de compensation pour les biens abandonnés, confisqués,
expropriés ou volés dans leurs
pays d’origine. Ces plaintes concernent les
biens privés ayant appartenu aux Juifs
des pays arabes ainsi que les biens communautaires
(synagogues, cimetières, écoles, hôpitaux,
etc.) des Juifs de ces pays.
9. Répandre le message selon lequel la réparation
de l’injustice faite aux Juifs des pays arabes
est une partie intégrale
et inséparable de la résolution du problème
des réfugiés du Moyen Orient et une précondition
au règlement final du conflit Israélo-arabe.
Il
est donc essentiel de discuter des plaintes et demandes
des deux parties – celles des réfugiés
juifs comme celles des réfugiés arabes
– dans le cadre de négociations politiques
à renouveler entre Israël et les pays arabes
dans un avenir proche.
L’ex-Président
américain Bill Clinton a admis cet état
de fait en Juillet 2002 en reconnaissant le droit des
Juifs des pays arabes à recevoir une juste compensation
pour la perte de leurs biens dans le cadre des négociations
pour un accord de paix final entre Israël, les
Palestiniens et les pays arabes en guerre avec Israël
et en vue de la résolution du problème
des réfugiés du Moyen-Orient.. Dans une
conférence de presse dans le cadre des négociations
de Camp David, le Président Clinton déclara
:
«Il
faudra qu’il soit crée une sorte de fond
international pour les réfugiés. Il y
a un intérêt – pour les deux parties
– à ce qu’il y ait un fond qui puisse
compenser les Israéliens qui sont devenus des
réfugiés à cause de la guerre qui
a suivit la création de l’Etat d’Israël.
Israël est pleine de gens – de Juifs qui
sont venus en Israël puisqu’on a fait d’eux
des réfugiés dans leurs propres pays…»
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