2. Nature du bien – A
qui appartient-il ?
Les terrains privés sont rares en Israël. La
plupart des terrains construits ou non appartiennent à
l’Etat. Il s’en suit que le terrain sur lequel
une maison ou un immeuble est construit est assujetti au paiement
d’une taxe de location (un contrat de location de terre
de 49 ans). Seule la construction appartient au vendeur. Parfois
le propriétaire du bien a payé à l’Etat
une somme globale et forfaitaire, par capitalisation, correspondante
aux loyers futurs et jusqu’au terme des 49 ans. Il s’agit
dans ce cas là d’un bien « mehuvan »
: L’Etat obtient ainsi des fonds immédiatement
et les propriétaires font des économies substantielles.
Parfois le bien appartiennent à un propriétaire
qui l’a loué pour une période déterminée,ou
pour « des générations » ou pour
« 99 ans » ou « pour l’éternité
» à un promoteur qui construira des appartements
pour les vendre. Un nombre important des biens situés
dans le quartier de Rehavia à Jérusalem par
exemple, appartiennent à l’église grecque
orthodoxe et la période de location arrive dans quelques
années à son terme. Personne ne sait ce qui
se passera après.
Lorsqu’il s’agit d’un terrain privé,
n’appartenant pas à l’Etat, notons qu’il
existe un principe au terme duquel ce qui est construit appartient
à celui qui possède la terre.
3. Promesse de vente ?
En Israël il est assez rare qu’un mémorandum
d’accord (conditionnant l’acquisition à
l’obtention d’un prêt par exemple, et qui
ressemble sans être identique, à une promesse
de vente) soit conclu en attendant la signature de l’acte
de vente.
Un mémorandum d’accord (Zikaron Devarim) précise
en général les points d’accord quant aux
dates, sommes et conditions. Un tel accord peut compliquer
les relations futures car l’acte de vente doit reprendre
tout ce qui y est mentionné sauf nouvel accord contraire
des parties. Ainsi les avocats découragent leurs clients
de signer ce genre de mémorandum car il limite les
négociations futures et conditions du contrat de vente.
4. Documents nécessaires
:
Tout d’abord, l’obtention des documents ayant
trait aux biens immobiliers, dépend du régime
d’inscription qui s’applique au bien.
a. Cas du bien enregistré au « Tabou
» (nom Araméen du Bureau des l’enregistrement
des biens immobiliers – Cadastre): L’avocat que
vous avez choisi demandera à l’avocat du vendeur
de lui transmettre un document dénommé «
Nessach » (extrait indiquant qui est la propriété,
mentionnant la surface, les hypothèques et servitudes
grevant le bien, l’existence de succession, d’un
liquidateur, de jugements, d’expropriation en cours,
de tuteur, etc. ). Cet extrait peut aussi être obtenu
sur place. Le Tabou fonctionne comme un véritable livre
foncier où les décisions de justice ayant trait
à un bien immobilier, de même que les notifications
et contrats de vente sont enregistrés.
b. Cas du bien enregistré au Minhal Mekarkaei
Israël (Administration des Terres d’Israël)
: Si le bien n’est pas enregistré au Tabou, il
faudra s’adresser au Minhal Mekarkaei Israël qui
tient les dossiers sur chaque bien qui y est inscrit, sur
les propriétaires de droits de location, sur les hypothèques
et les servitudes.
c. A défaut, c’est une «
société de construction ou de logement »
que pourra certifier à qui appartient le bien et s’il
est grevé ou pas d’une hypothèque.
Si l’appartement est en co-propriété
il faudra bien voir le règlement de co-propriété
afin de vérifier ce qui est privé et commun
(toit, jardins, parkings, caves, terrasses). Si le bien est
loué, que prévoit le contrat de location, et
si le locataire est un locataire « protégé
» ou garanti par un pas de porte (cela existe dans certains
cas).
Il faut vérifier s’il existe un droit de construire
additionnel et, dans ce cas, le montant que le vendeur devra
payer à la Mairie. Curieusement, même s’il
n’exerce pas ce droit, puisqu’il va vendre son
bien, le vendeur devra payer le prix de ce droit que l’acquéreur
pourra décider d’exercer ou non pour construire
sur le toit où à l’extérieur du
bien existant (après obtention d’un permis délivré
par la mairie).
5. Montant et dates du paiement
du prix
Les avocats du vendeur et de l’acheteur détermineront
avec leurs clients, le montant et les dates des versements
(toujours échelonnées sur plusieurs mois) du
prix de vente. L’acquéreur versera la première
somme, en général entre 10 à 30% du prix
de vente total, à condition que les sommes restant
dues soient suffisantes pour payer les dettes des créanciers
inscrits. Le deuxième paiement, souvent le plus important,
sera versé quelques mois plus tard à l’acheteur
ou à ses créanciers. Le troisième lors
de la remise des clefs – prise de possession des lieux
et transfert des droits au nom de l’acheteur.
En cas d’emprunt, une copie du contrat de vente signé
sera remis sans tarder à la banque (et nombre d’autres
documents tels que fiches de salaire ou preuve des revenus,
preuve d’un compte courant en Israël, etc...)
Un français considèrera que la charrue a été
mis avant les bœufs et il aura raison. L’acquéreur
est dans une situation plutôt délicate : le contrat
de vente a déjà été signé
et les banques ne s’engagent par écrit à
accorder un prêt qu’après signature du
contrat d’achat. Mais les refus sont rares si la banque
a déjà donné un accord de principe (si
l’acheteur ne peut pas obtenir un financement et payer
aux dates prévues, il sera en défaut de paiement
et devra payer au vendeur une indemnité conventionnelle
égale en général à 10% du prix
de vente).
Aucune somme ne sera versée par la banque tant que
son expert, évaluateur de biens, n’aura pas estimé
la valeur de l’appartement. Certains propriétaires
construisent sur des parties communes et les vendent, d’autres
ferment les balcons et les transforment en pièces en
violation du droit en augmentent la surface à vendre.
L’évaluateur considèrera que la partie
construite illégalement est inexistante et diminuera
la valeur du bien en conséquence, y inclus le coût
de destruction et remise en état (le prêt sera
donc inférieur à celui demandé).
Le prêt de la banque de l’acheteur servira souvent
à payer le remboursement du prêt contracté
par le vendeur lors de l’acquisition de son bien. L’avocat
de l’acheteur exigera un document émis par la
banque du vendeur, pour savoir quelle est la somme exacte
due au moment de la vente.
6. Enregistrement immédiat
d’une notification
Dès que le contrat de vente est signé, l’avocat
de l’acheteur devra immédiatement enregistrer
une notification au Tabou pour éviter qu’une
deuxième vente puisse être enregistrée
par un autre acquéreur, ou selon le cas, déposer
une copie du contrat ou Minhal Mekarkaei Israël ou à
la Hévra Mechackenet. Dans tous les cas, dans le contrat
de vente l’avocat doit préciser que le vendeur
s’engage à transférer le bien libre de
toute hypothèque, dette ou saisie et que le dernier
versement ne sera effectué qu’après la
levée de toute inscription.
Si l’appartement est en cours de construction et doit
être acquis sur plan, les sommes devant être versées
seront proportionnelles à l’état d’avancement
de la construction. Comme en France, nous conseillons de ne
pas acheter un dernier étage ou sous une terrasse (risque
d’infiltrations) et surtout de ne pas construire. Les
problèmes rencontrés en France se retrouvent
ici, avec en plus le problème de la langue. La TVA
de 17% est due sur le prix de vente d’un appartement
neuf et sur le coût de construction.
7.
En quelle devise le prix du bien est-il fixé ?