La plus grande réalisation d’Israël
en 60ans d’indépendance est de survivre
– rester sur la carte comme Etat souverain, avec
un statut égal aux autres nations dans le monde.
Les nombreuses réussites économiques et
culturelles ont aidé à contribuer à
cette survie, alors que le désir de paix avec
nos voisins demeure inaccompli, mais le triomphe est
que nous sommes là.
L’objectif
primordial du sionisme était et demeure le rétablissement
de la souveraineté et de l’autodétermination
pour le Peuple juif dans notre patrie. En plus d’accomplir
le désir vieux de 2.000 ans de retourner en Eretz
Israël, l’histoire de la persécution
(particulièrement dans l’Europe chrétienne),
les expulsions, et les pogromes culminant avec l’Holocauste
ont démontré les dangers de la dépendance
à d’autres. Dans le monde moderne, le Peuple
juif ne pouvait que survivre, aussi bien physiquement
et culturellement, en regagnant et en maintenant sin
indépendance, égale aux nations chrétiennes
d’Europe, aux Etats musulmans du Moyen-Orient,
et aux autres dans le monde. L’alternative était
de disparaître de la scène, avec la richesse
de la langue hébraïque, et l’héritage
de 4.000 ans d’histoire et de tradition juives.
Il
y a soixante ans, alors que les Britanniques se préparaient
à partir et les armies projetaient leur invasion,
la plupart des observateurs et des homes politiques
prédisaient un désastre à l’Etat
juif naissant. Des dirigeants arabes, comme Azzam Pacha,
qui était secrétaire général
de la Ligue Arabe, se vantaient : « Ce sera une
guerre d’extermination et un massacre capital
dont on parlera comme des massacres mongols et des Croisades
». Des officiers supérieurs et des diplomates
américains et européens considéraient
les avantages apparemment énormes des Arabes,
en armes, en population et en territoire, et pressaient
les Juifs de ne pas déclarer l’indépendance.
A
l’encontre de ces prédictions, la ténacité
et la motivation des Israéliens, aidés
par l’intense identification et le soutien de
la Diaspora, on assuré l’indépendance
de l’Etat juif.
Pour
les “rejectionistes” arabes et musulmans
(dont les Iraniens, qui prétendent à la
direction de ce groupe), l’idée d’une
souveraineté juive dans le “Moyen-Orient
arabe” était et demeure inacceptable. Ce
conflit fondamental, et non pas lié aux frontières,
aux implantations et à l’occupation après
1967, est le cœur du conflit qui a conduit aux
guerres d’agression et aux attaques terroristes
massives contre Israël. Ce rejectionisme est souvent
exprimé à travers des propositions «
de solution à un Etat », l’annulation
des symboles juifs de l’Etat d’Israël
(dont le calendrier et le drapeau), et l’exigence
que des millions d’Arabes qui prétendent
au statut de réfugiés depuis 1948 ont
un « droit de retour », et créeront
ainsi une majorité arabe. De même, la tentative
de dénier les 4.000 ans d’histoire de la
Jérusalem juive, comme c’est indiqué
dans les livres de classe palestiniens, et par Yasser
Arafat au sommet de Camp David avec le Président
Clinton en 2.000, reflète aussi cet effort de
renverser le statut d’Israël comme Etat juif
indépendant.
Les
campagnes en Europe occidentale et ailleurs qui utilisent
des qualificatifs comme “apartheid” et “raciste”
en référence à Israël et au
sionisme, et la stratégie des boycotts, des désinvestissements
et des sanctions (BDS) font partie des efforts pour
dénier la légitimité de la souveraineté
juive. Il en est de même pour la couverture de
condamnations des réponses d’Israël
aux attaques terroristes et de la tentative de dénier
à Israël le droit à l’autodéfense
dont jouissent toutes les autres nations souveraines
et indépendantes. De même, les fausses
revendications de « crimes de guerre » et
de « punition collective » sont constamment
utilisées pour diaboliser Israël aux Nations
Unies, et par les Organisation Non Gouvernementales
(ONG) qui exploitent la rhétorique de la moralité
pour diaboliser Israël. C’était aussi
l’objectif principal de l’infâme Conférence
de Durban en 2001, et la Conférence de Révision
de 2009, qui doit être dirigée par l’Iran,
la Libye et Cuba.
La
déligitimation et la diabolisation du sionisme,
et l’isolement d’Israël pour un traitement
spécial, en éliminant le contexte du terrorisme
palestinien et des autres attaques violentes, sont devenues
la forme moderne de l’antisémitisme. Dans
de nombreux exemples, en particulier chez les dirigeants
des boycotts dans les églises et les universités
britanniques, les thèmes de l’antisémitisme
chrétien classique, dont les meurtres rituels,
ont été revivifiés pour participer
à l’intense propagande anti-Israël.
Les quelques universitaires juifs déclarés
qui font face à cette forme de racisme sont eux-mêmes
soumis à des attaques antisémites.
Face
à cette hostilité intense et permanente,
la capacité d’Israël non seulement
de survivre, mais de se développer, est la principale
vérité qui marque 60 années d’indépendance.
Avec les 6 millions de citoyens juifs d’Israël,
dix fois la population de 1948, la langue hébraïque
a été revigorée, et la culture
juive a été préservée.
En
même temps, le progrès vers l’acceptation
de la souveraineté et de l’égalité
juives parmi les nations du monde est douloureusement
lent, et la lutte a été et continuera
d’être épuisante. Mais il n’y
a pas de meilleur choix – il n’y a pas d’alternative
pour Israël et le Peuple juif.
GERALD
M. STEINBERG est directeur général
de l’ONG Monitor et président du Départment
d’Etudes Politiques de l’Université
Bar Ilan en Israël.